Triangulation

En géométrie et trigonométrie, la triangulation est une technique servant à déterminer la position d'un point en mesurant les angles entre ce point...



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Définitions :

  • méthode utilisée par les géomètres pour déterminer la position d'un élément géographique à partir de la connaissance de deux autres.... (source : villemin.gerard.free)

En géométrie et trigonométrie, la triangulation est une technique servant à déterminer la position d'un point en mesurant les angles entre ce point et d'autres points de référence dont la position est connue, et ceci plutôt que de mesurer directement la distance entre les points. Ce point peut être reconnu comme étant le troisième sommet d'un triangle dont on connaît deux angles et la longueur d'un côté.

Mathématiques

En topologie, une triangulation d'un espace topologique X est un complexe simplicial K homéomorphe à X, et un homéomorphisme h :KX. La triangulation est utile pour déterminer les propriétés d'un espace topologique.

En géométrie, une triangulation est une façon de découper une forme géométrique (un plan, un polygone) en une collection de triangles. Un exemple classique est la triangulation de Delaunay.

La triangulation est aussi le processus qui sert à déterminer une distance en calculant la longueur de l'un des côtés d'un triangle, et en mesurant deux angles de ce triangle. Cette méthode utilise des identités trigonométriques.

Triangulation.png

Six-cent ans avant l'ère chrétienne, Thalès mit au point une méthode pour évaluer la distance d'un bateau en mer à la côte. Pour avoir une mesure approximative de cette distance, il plaça deux observateurs A et C sur le rivage éloignés d'une distance b connue. Il demanda à chacun d'entre eux de mesurer l'angle que font les droites passant par le bateau B et l'un d'entre eux, et la droite passant par les deux observateurs :

La méthode a un intérêt si nous voulons déterminer de longues distances ; mais dans ce cas nous devons placer les deux observateurs suffisamment éloignés l'un de l'autre, pour que les mesures d'angle soient plus précises.

Les propriétés fréquemment utilisées pour la triangulation sont :

Triangulation d'un pays

Jusque dans les années 1980, on utilisait principalement la triangulation pour mesurer les distances. Si on veut mesurer la distance entre deux points B et C, l'opération consiste à prendre un point de référence A, puis de mesurer les angles que font les droites (AB) et (AC) comparé au Nord, ce qui donne l'angle (BÂC).

Ce procédé, répété de proche en proche, a été utilisé par Delambre et Méchain de 1792 à 1798 pour mesurer la distance entre Dunkerque et Barcelone (environ 1 147 km) sur le méridien de Paris, ce qui permettra la première définition pratique et officielle du mètre en 1799 (bien que la conception du mètre lui-même comme unité universelle et décimale soit bien antérieure, cf. les travaux de John Wilkins et de Tito Livio Burattini).

À partir d'un point de référence, on peut ainsi déterminer la position des différents points d'un territoire et réaliser un maillage. Ce maillage permet ensuite d'avoir une cartographie précise et dont les déformations sont connues, comparé aux cartes qui étaient dessinées à main levée à partir d'un point haut. La première carte de France ainsi tracée fut publiée en 1745, à partir des relevés de Jacques et César Cassini.

Applications

Triangulation par relevé des directions

La triangulation est utilisée dans divers secteurs, comme la survie, la navigation, l'astronomie, dans l'armement (fusées).

Un navire peut ainsi connaître sa position en relevant la direction d'observation (angle comparé au Nord) de deux points distants (par exemple un clocher d'église, un phare)  ; il lui suffit alors, sur une carte, de tracer les droites passant par les points observés et ayant la direction relevée, l'intersection de ces droites étant la position du navire. Pour lever les imprécisions de mesure, on utilise le plus souvent 3 points de repères, nommés amers. C'est la Navigation par relèvements.

Dans le cas d'ondes électromagnétiques (par exemple des ondes radio), la position peut se déterminer avec une antenne directionnelle (c'est-à-dire une antenne ne captant que les ondes venant d'une direction donnée)  ; l'orientation pour laquelle le signal est le plus fort donne la direction de l'émetteur, il suffit alors de faire plusieurs relevés pour avoir la position de l'émetteur (radiogoniométrie). Cette méthode était par exemple utilisée durant l'occupation allemande de la France pour détecter les émetteurs radio pirates.

Position statique

On vise deux points, et on relève les directions de visée. Il suffit ensuite de tracer, sur une carte, une droite passant par le point visé et ayant la direction relevée. L'intersection des droites donne la position.

On a deux sommets du triangle (les amers) et la direction des deux côtés ne joignant pas ces sommets (relèvements), ce qui sert à déterminer totalement le triangle.

Si on effectue trois relevés, on devrait obtenir un point de concurrence unique des trois droites. Dans la pratique, les imprécisions — sur la visée, sur la lecture de l'angle, sur le tracé de la droite — font qu'on obtiendra un triangle, la dimension du triangle donnant une estimation de la précision de la mesure. On peut raisonnablement (si les angles sont à 120° l'un de l'autre) prendre pour position le barycentre de ce triangle, et pour erreur la distance entre ce centre et le point le plus éloigné.

Véhicule en mouvement

Dans le cas d'un véhicule en mouvement, il faut prendre en compte le déplacement du véhicule. Il faut pour cela connaître la direction et la vitesse du véhicule. La direction du mouvement est donnée par le compas ; dans le cas d'un voilier, la vitesse peut être estimée à partir de la vitesse du vent et du courant.

Si la vitesse est lente et que les relevés sont faits de manière proche (cas de la navigation maritime), on peut négliger ce phénomène, par contre, il faut noter l'heure du relevé.

Navigation par relèvement à un amer

La connaissance de ce mouvement sert à faire un relevé avec uniquement un amer, par exemple dans le cas d'une navigation par temps de brouillard où seul un lieu caractéristique serait visible par intermittence. On relève alors les directions et les heures du relevé.

On a ainsi un sommet du triangle (l'amer), les directions de deux côtés (les deux relevés), et la direction et la longueur du troisième côté (trajectoire du bateau), ce qui sert à déterminer totalement le triangle.

Voir l'article Navigation par relèvements > Positionnement avec un seul amer

Triangulation par relevé des distances

On peut relever une position en estimant la distance comparé à trois points. Si on prend deux points de référence, on a deux sommets et les longueurs des côtés ne joignant pas ces sommets, ce qui définit deux triangles ; le point du relevé se trouve au troisième sommet de l'un de ces triangles. L'adjonction d'un troisième point de référence sert à déterminer lequel des deux sommets est le bon.

Utilisation de l'intensité d'un signal

Avec une onde électromagnétique, on peut utiliser l'intensité du signal collectée par une antenne non directionnelle. Si le milieu de propagation est homogène et isotrope, l'intensité est inversement proportionnelle au carré de la distance (l'énergie se répartit sur une sphère grandissante) et par conséquent diminue avec l'augmentation de la distance source-récepteur. L'intensité permet par conséquent d'estimer la distance, et par conséquent de situer l'émetteur sur un cercle centré sur le récepteur. Un deuxième récepteur sert à tracer un second cercle, l'émetteur se trouve par conséquent à l'intersection des deux cercles ; un troisième récepteur sert à déterminer lequel des deux points d'intersection est le bon (ou bien la logique, un navire ne peut pas se trouver sur les terres). Cette méthode est aussi utilisée en sismologie pour connaître la position de l'épicentre d'un séisme ; on considère alors l'intersection de sphères (on n'a plus la contrainte d'un émetteur localisé en surface), et il faut corriger les calculs de l'hétérogénéité du milieu (variation de l'indice de réfraction selon la profondeur, réflexion et réfraction sur le manteau... ).

Si on ne connaît pas l'intensité de l'émetteur ni le rendement des récepteurs, il faut se trouver les positions pour lesquelles le signal est reçu avec la même intensité ; l'émetteur se trouve alors sur la médiatrice du segment constitué par les deux récepteurs. On peut localiser la source avec un deuxième relevé, à l'intersection des deux médiatrices. La méthode des médiatrices, un peu modifiée, est utilisée en sauvetage-déblaiement pour localiser des victimes ensevelies avec un géostéréophone.

Utilisation de la vitesse de propagation d'un signal

Si on a des événements émettant un signal, alors en constatant le décalage dans l'arrivée des signaux, on peut déterminer la différence de distance entre les événements et les récepteurs, à condition de connaître la vitesse de propagation du signal.

Si le récepteur est lui-même synchronisé avec les émetteurs, on peut alors déterminer directement le temps de trajet et par conséquent la distance entre émetteurs et récepteur.

Surface des lieux envisageable de l'hypocentre déterminé avec deux stations sismographiques distantes

A titre d'exemple, pour localiser un séisme, on a un événement unique générant le signal, le séisme, et plusieurs stations réceptrices synchronisées, les sismographes. L'onde sismique arrive à des moments différents aux sismographes. Le foyer du séisme (hypocentre) est à une distance di du sismographe i.

Le foyer et deux sismographes forment un triangle ; on connaît deux sommets S1 et S2 du triangle (les sismographes), de coordonnées (x1, y1, z1) et (x2, y2, z2), et la différence de longueur D entre les deux côtés ne joignant pas ces sommets. Le troisième sommet du triangle est par conséquent sur une surface vérifiant

d (M, S1) − d (M, S2) = D

soit

\sqrt{(x-x_1)ˆ2 + (y-y_1)ˆ2 + (z-z_1)ˆ2} - \sqrt{(x-x_2)ˆ2 + (y-y_2)ˆ2 + (z-z_2)ˆ2} = D
Positions envisageables de l'hypocentre d'un séisme selon le délais d'arrivée des ondes à deux stations sismographiques distantes

qui est l'équation d'un hyperboloïde. Il faut suffisamment de sismographes pour définir trois surface, le point de concurrence de ces surfaces donnant le foyer du séisme.

On a plusieurs types d'ondes sismiques voyageant à des vitesses différentes, ce qui sert à faire plusieurs déterminations. Cependant, le problème est rendu complexe car :

Voir l'article Mesure en sismologie.

On peut aussi localiser d'autres événements comme par exemple une forte explosion (essai nucléaire, catastrophe industrielle de grande ampleur comme la catastrophe de l'usine AZF... ).

Pour la navigation par satellite (système type GPS), on a plusieurs émetteurs synchronisés et un récepteur unique à l'endroit à localiser.

Voir aussi

Liens externes

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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 10/03/2010.
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