Série

En mathématiques, la série forme une généralisation de la notion de somme, pour une succession illimitée de termes. L'étude des séries consiste à effectuer la somme d'un nombre fini n de termes successifs, puis à observer le comportement quand...



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Série (mathématiques)

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Définitions :

  • Suite, succession; Donnée d'une Suite de grandeurs, de nombres, de fonctions ou de vecteurs dont on souhaite étudier le comportement des sommes... (source : fr.wiktionary)

En mathématiques, la série forme une généralisation de la notion de somme, pour une succession illimitée de termes. L'étude des séries consiste à effectuer la somme d'un nombre fini n de termes successifs, puis à observer le comportement quand n devient indéfiniment grand, par un calcul de limite. Un certain nombre de méthodes permettent de déterminer la nature (convergence ou non) des séries sans réaliser explicitement ces deux calculs.

Séries numériques

Une série de terme général xn est formellement le couple constitué par les deux suites (x_n)_{n\in\mathbb{N}} et (S_n)_{n\in\mathbb{N}}

où pour tout entier naturel n, S_n=\sum_{k=0}ˆn x_k

Cette suite (S_n)_{n\in\mathbb{N}} est aussi nommée la «suite des sommes partielles», puisqu'à un indice n donné, Sn fait correspondre la somme des n + 1 premiers termes de (x_n)_{n\in\mathbb{N}}.

Ainsi, la suite des sommes partielles associée à la série de terme général xn est de la forme :

\left(x_0, \quad x_0+x_1, \quad  x_0+x_1+x_2, \quad \cdots \quad, \quad x_0+x_1+\cdots+x_n, \quad \cdots \quad \right)

Les séries numériques sont les séries dont les termes xn sont des nombres réels ou des nombres complexes. Il existe aussi des séries vectorielles, dont les termes sont des vecteurs d'un certain espace vectoriel. On peut ainsi étudier par exemple des séries de matrices ou des séries de fonctions. Leurs spécificités seront indiquées plus bas.

On note la série de terme général xn : \sum x_n ou \sum_{n\ge 0}x_n.

Convergence

La série numérique \sum x_n est dite convergente si la suite des sommes partielles (S_n)_{n\in\mathbb{N}} est convergente ; sa limite S est alors nommée somme de la série, elle est notée \sum_{k=0}ˆ{+\infty} x_k, et son calcul est la sommation de la série. Dans le cas opposé, la série est dite divergente.

Deux séries sont dites de même nature si elles sont toutes deux convergentes ou toutes deux divergentes.

On parle de série totalement convergente si la série de terme général | xk | est elle-même convergente (|x| signifiant ici "valeur absolue de x" si x est un nombre réel, "module de x" si x est un nombre complexe, norme s'il s'agit d'un autre élément). Si la série est convergente sans être totalement convergente, on parle de série semi-convergente.

Le fait qu'une série puisse être convergente résout énormément de problèmes, comme certains des paradoxes de Zénon. Par contre, il est rare qu'on sache calculer de façon explicite la somme d'une série. Hormis quelques calculs classiques, la théorie des séries a pour objectif de déterminer la nature d'une série sans calcul de la suite des sommes partielles, et peut-être de procéder à un calcul approché de la somme.

Le terme général doit tendre vers zéro pour que la série converge. La réciproque est fausse (la série harmonique est un contre-exemple courant). Si une série ne respecte pas cette condition, on dit qu'elle diverge grossièrement.

Exemple de série

La série de terme général \left (\frac{1}{2} \right)ˆ{n} est convergente et sa somme vaut :

1 + \frac{1}{2} + \frac{1}{4} + \frac{1}{8} + \cdots = 2

Il est envisageable de «visualiser» sa convergence sur la droite réelle : on peut imaginer un segment de longueur 2, qu'on découpe en segments successifs de longueurs 1, 1/2, 1/4, etc. Il y a toujours assez de place pour marquer le segment suivant, parce que la longueur restante est constamment égale à la longueur du segment qui vient d'être marqué. Quand nous avons marqué 1/2, il reste un morceau de longueur 1/2 non marqué, ainsi nous pouvons toujours sans doute marquer le prochain 1/4. Cet argument ne peut en aucune façon servir de démonstration que la somme de l'ensemble des longueurs des segments est égale à 2, mais sert à deviner que cette somme va rester inférieure à 2 et par conséquent que la suite des sommes partielles est croissante et majorée.

Cette série est une série géométrique et on démontre sa convergence en écrivant pour tout entier naturel n, sa somme partielle au rang n :

\sum_{k=0}ˆn \left(\frac{1}{2}\right)ˆk=\frac{1-(1/2)ˆ{n+1}}{1-(1/2)}=2-(1/2)ˆn

La suite géométrique \left(\left(\frac{1}{2}\right)ˆn\right)_{n\in\mathbb{N}} de raison 1/2 est convergente de limite nulle donc

\lim_{n\rightarrow +\infty}\sum_{k=0}ˆn \left(\frac{1}{2}\right)ˆk=\sum_{n=0}ˆ{+\infty} 2ˆ{-n}=2.

Reste d'une série convergente

Si la série \sum x_n est convergente, alors pour tout entier naturel n, la somme R_n=\sum_{k=n+1}ˆ{\infty}x_k existe, et \lim_{n\rightarrow +\infty}R_n=0. Le terme R_n\, se nomme le reste d'ordre n de la série \sum x_n.

Il est facile, par un procédé itératif, de calculer un terme de la suite des sommes partielles. La relation entre la somme partielle, la somme et le reste s'écrit

S=S_n+R_n\,

Ainsi, si on sait limiter le reste, la somme partielle peut être vue comme une valeur approchée de la somme, avec une incertitude connue. C'est le principe du calcul numérique d'une somme de série.

Série et suite des termes généraux

Il est envisageable de retrouver le terme général à partir de la suite des sommes partielles par les formules

a_0=S_0 \qquad \forall n \in {\mathbb N}ˆ*, a_n = S_n - S_{n-1}

Ainsi toute somme partielle est une suite, mais toute suite est aussi une somme partielle (associée à la série des différences des termes consécutifs, avec un premier terme nul). Selon le cas, on aura intérêt à considérer une suite comme une somme partielle, ou inversement, selon la facilité de l'analyse des termes.

D'autre part, si la série \sum x_n est convergente, alors la suite (x_n)_{n\in\mathbb{N}}\, converge vers 0. La réciproque est fausse (on peut prendre la série harmonique comme contre-exemple). Quand le terme général d'une série ne tend pas vers 0, celle-ci est dite trivialement ou grossièrement divergente.

Exemple : \sum (-1)ˆn est une série grossièrement divergente, par contre, pour \sum \frac{\ln n}{n}, quoique le terme général tende vers zéro, on ne peut pas trancher sans d'autres théorèmes.

Aspects historiques

La considération de véritables sommes illimitées est une question étroitement liée à celle du passage à la limite. L'absence persistante des concepts satisfaisants génèra de nombreuses interrogations et spéculations, à l'exemple des paradoxes de Zénon. On trouve néanmoins déjà chez Archimède (La quadrature de la parabole) les premières sommations explicites, avec les progressions géométriques.

En Angleterre, Richard Suiseth (XIVe siècle) calcule la somme de la série de terme général n / 2n et son contemporain Nicole Oresme établit que la série harmonique (de terme général 1/n) est divergente[1]. À la même époque, le mathématicien et astronome indien Madhava est le premier à considérer des développements de fonctions trigonométriques, sous forme de séries, séries de Taylor, séries trigonométriques. Il utilise ces concepts pour des calculs d'approximation (surtout pour estimer le nombre π) et effectue des estimations de l'erreur commise. Il introduit aussi les premiers critères de convergence. Ses travaux furent poursuivis par ses successeurs de l'école du Kerala, région du sud de l'Inde, et nous sont connus par le livre Yuktibhasa.

Au XVIIe siècle, James Gregory redécouvre plusieurs de ces résultats, surtout le développement des fonctions trigonométriques en séries de Taylor et la série de Gregory donnant la possibilité le calcul de π. En 1715, Brook Taylor, en donnant la construction générale des séries qui portent son nom, établit un lien fructueux avec le calcul différentiel. Au XVIIIe siècle aussi, Leonhard Euler établit de nombreuses relations remarquables portant sur des séries et introduit les séries hypergéométriques.

Étude de la nature des séries numériques

Calculs explicites

Il est rare de pouvoir calculer explicitement l'ensemble des termes de la suite des sommes partielles.

Exemples : \sum \left(\frac{1}{3}\right)ˆn \qquad \sum \frac{1}{(1+i)ˆn} toutes deux convergentes

\sum_{n=1}ˆ\infty (b_n-b_{n+1})

Elles sont convergentes si et uniquement si la suite (bn) converge vers une limite L lorsque n tend vers l'infini. La valeur de la somme de la série est alors b1 - L.

Principes d'étude

Il existe la plupart de règles pour les séries à termes positifs. Elles sont toutes basées sur le principe de comparaison : si pour tout entier n, on a 0\leq u_n \leq v_n, alors

Pour ces séries à termes positifs, il convient par conséquent de déterminer la nature de certaines séries de références (telles que les séries géométriques), puis de comparer à ces séries.

L'étude des séries à termes réels ou complexes, sans hypothèse spécifique, peut poser plus de problèmes. Une condition suffisante a une grande importance : si la série des valeurs absolues (série à termes réels) ou des modules (séries à termes complexes) \sum \left|a_n\right| converge, alors la série \sum a_n converge aussi. Elle est alors dite totalement convergente.

Il existe des séries convergentes sans être totalement convergentes, comme la série harmonique alternée \sum\frac{(-1)ˆn}{n}. Les méthodes d'étude pour ce type de série, plus techniques, (critère de convergence des séries alternées, théorème d'Abel, ... ) sont présentées dans :

Article détaillé : Série convergente.

Exemples de référence

\sum_{n\ge 2} \frac{1}{nˆ\alpha \lnˆ\beta n}, avec \alpha, \beta \in \mathbb{R},

sont convergentes si et uniquement si (<img class= et <img class=séries de Bertrand.

Séries à valeurs vectorielles

Si E est un espace vectoriel normé, une série dont les termes sont à valeurs dans E est dite convergente quand la suite des sommes partielles converge pour la norme choisie. Si E est de dimension finie, l'ensemble des choix de normes donneront la même notion de convergence.

Dans le cas des espaces de Banach, énormément de critères de convergence peuvent être énoncés, dans la mesure où il suffit de prouver la convergence absolue de la série pour montrer qu'elle converge. Cela permet souvent de conclure avec les outils d'étude des séries à termes positifs.

D'une façon plus générale, la notion de série peut être définie dans tout groupe abélien topologique.

Séries de fonctions

Article détaillé : Série de fonctions.

Formellement, les séries de fonctions sont simplement des séries dont le terme général appartient à un espace vectoriel de fonctions. Ainsi la fonction exponentielle est somme d'une série de fonctions puissances puisque

\forall x \in {\mathbb C}, \qquad eˆx = \sum_{n=0}ˆ{+\infty}\frac{xˆn}{n!}

Il existe de nombreuses façons non équivalentes de définir la convergence d'une telle série, comme dans le cas des suites de fonctions. Les plus classiques sont probablement la convergence simple et la convergence uniforme. La plupart de théorèmes existent détaillant, selon le type de convergence, s'il est envisageable d'effectuer des calculs tels que dérivation ou intégration de la fonction somme d'une série.

Séries trigonométriques et séries de Fourier

Article détaillé : Série de Fourier.

Les séries trigonométriques sont obtenues en sommant des fonctions sinusoïdales de fréquence n. ff est une fréquence de référence donnée. Une question principale en analyse harmonique est la possibilité de faire apparaître une fonction périodique donnée comme somme d'une série trigonométrique : sa série de Fourier.

Séries entières

Article détaillé : Série entière.

La plupart des fonctions usuelles en mathématiques peuvent être représentées localement par une série de Taylor. Ce sont des séries dont le terme général s'écrit avec une puissance d'une variable ; elles sont nommées séries entières. Mais uniquement occasionnellemen. Exemples :

\sum_{n=0}ˆ{+\infty} zˆn = \frac{1}{1-z}

Cette série est convergente si et uniquement si le nombre (réel ou complexe) z vérifie : \left| z \right| < 1.

\sum_{n=0}ˆ{+\infty} \frac{zˆn}{n!} = eˆz

Cette série est convergente pour tout nombre réel ou complexe z.

Historiquement, les mathématiciens comme Leonhard Euler travaillaient librement avec les séries, même si celles-ci n'étaient pas convergentes. Quand les bases du calcul ont été solidement posées au dix-neuvième siècle, des démonstrations rigoureuses de la convergence des séries ont été exigées. Cependant, les calculs formels avec des séries (pas nécessairement convergentes) sont à l'origine des séries formelles dans les anneaux étudiés en algèbre générale.

Les séries formelles sont aussi utilisées en algèbre combinatoire pour décrire et étudier certaines suites, et aussi pour les fonctions génératrices.

Séries de Dirichlet

Article détaillé : Série de Dirichlet.

Notion de sommes illimitées

Les séries ne sont que l'exemple le plus simple de formalisation de la notion de somme illimitée. Il existe d'autres définitions, plus strictes ou au contraire plus souples.

Les séries ne sont pas vraiment des sommes

Article détaillé : Famille sommable.

Il y a dans la définition des sommes de séries convergentes un calcul de somme finie, suivi d'un passage à la limite. À cause de cette deuxième étape, l'expression «somme illimitée» est incorrecte pour qualifier les séries. Une telle «somme» n'est en effet pas commutative, ni associative, ni distributive vis à vis de la multiplication. Il n'est pas envisageable, généralement, de dériver une telle somme comparé à un paramètre.

Les familles sommables ont des propriétés qui leur donnent bien plus de titres à être qualifiées de «sommes illimitées». Tandis que dans le cas des séries, on ajoute les termes dans l'ordre de succession des indices u0, u1, ... puis un, la notion de famille sommable demande d'obtenir un même résultat quel que soit l'ordre dans lequel on effectue les sommations. La propriété de commutativité par exemple est alors vraie par définition même.

Procédés de sommation des séries divergentes

Article détaillé : Série divergente.

Les procédés de sommation sont des types de convergence plus faibles servant à définir la somme de certaines séries divergentes. Par exemple le procédé de sommation de Cesàro donne pour résultat 0 quand on somme la série

1 - 1 + 1 - 1 + \cdots \,

Il est défini en calculant successivement les moyennes des n premiers termes de la suite des sommes partielles et en passant à la limite.

Les autres procédés de sommation les plus classiques sont la sommation d'Abel et la sommation de Borel.

Notes et références

  1. Selon Y. Chevallard, Théorie des séries, vol.  1/ Série numériques, Cédic/Nathan, 1979, «Histoire et méthode», p.  30 .

Voir aussi

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