Nombre d'or

Le nombre d'or est la proportion, définie originellement en géométrie, comme l'unique rapport entre deux longueurs telles que le rapport de la somme des deux longueurs sur la plus grande soit égal à celui de la plus grande sur la plus petite...



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La proportion définie par a et b est dite d'extrême et de moyenne raison quand a est à b ce que a + b est à a - Soit quand (a+b) /a = a/b. Le rapport a / b est alors égal au nombre d'or.

Le nombre d'or est la proportion, définie originellement en géométrie, comme l'unique rapport entre deux longueurs telles que le rapport de la somme des deux longueurs (a+b) sur la plus grande (a) soit égal à celui de la plus grande (a) sur la plus petite (b) autrement dit quand (a+b) /a = a/b. Le découpage d'un segment en deux longueurs vérifiant cette propriété est nommé par Euclide découpage en extrême et moyenne raison. Le nombre d'or est désormais fréquemment désigné par la lettre φ (phi) en l'honneur du sculpteur Phidias qui l'aurait utilisé pour concevoir le Parthénon.

Ce nombre irrationnel est l'unique solution positive de l'équation x2 = x + 1. Il vaut précisément :

\frac{1+\sqrt{5}}{2}

soit approximativement 1, 618 033 989. Il intervient dans la construction du pentagone régulier et du rectangle d'or. Ses propriétés algébriques le lient à la suite de Fibonacci et permettent de définir une arithmétique du nombre d'or source de nombreuses démonstrations.

L'histoire de cette proportion commence à une période reculée de l'antiquité grecque. À la Renaissance, Luca Pacioli, un moine franciscain italien, la met à l'honneur dans un manuel de mathématiques et la surnomme divine proportion en l'associant à un parfait envoyé du ciel. Cette vision se développe et s'enrichit d'une dimension esthétique, essentiellement au cours des XIXe et XXe siècles où naissent les termes de section dorée et de nombre d'or.

Le nombre d'or se trouve quelquefois dans la nature ou des œuvres humaines, comme dans les étamines du tournesol ou dans certains monuments à l'exemple de ceux conçus par Le Corbusier. Il est aussi étudié comme une clé explicative du monde, en particulier pour la beauté. Il est érigé en principe esthétique et justifié par des arguments d'ordre scientifique ou mystique : omniprésence dans les sciences de la nature et de la vie, proportions du corps humain ou dans les arts comme la peinture, l'architecture ou la musique.

Certains artistes, tels le compositeur Xenakis ou le poète Paul Valéry ont adhéré à une partie plus ou moins vaste de cette vision, soutenue par des ouvrages particulièrement populaires. À travers la médecine, l'archéologie ou les sciences de la nature et de la vie, la science infirme les théories de cette nature car elles sont fondées sur des généralisations abusives et des hypothèses incorrectes.

Géométrie

Proportion

Figure 1
Les triangles OAB et OCA sont identiques si et uniquement si les longueurs a et b respectent la proportion d'or.

Le nombre d'or possède une première définition d'origine géométrique, fondée sur la notion de proportion :

Définition de la proportion d'or — Deux longueurs strictement positives a et b respectent la proportion d'or si et uniquement si, le rapport de a sur b est égal au rapport de a + b sur a :

 \frac{a}{b} = \frac{a+b}{a} \quad (1)

Il existe une interprétation graphique de cette définition, conséquence des propriétés des triangles identiques illustrée par la figure 1. Les segments bleus sont de longueur a et le rouge de longueur b. Dire que la proportion définie par a et b est d'or revient à dire que les triangles OAB et OCA sont identiques. Euclide exprime la proportion d'or, qu'il nomme extrême et moyenne raison, de la manière suivante : Une droite est dite coupée en extrême et moyenne raison quand la droite entière est au plus grand segment comme le plus grand segment est au plus petit.

Si a et b sont en proportion d'extrême et de moyenne raison, alors le rapport a / b est constant, ce qui donne une nouvelle définition du nombre d'or :

Définition du nombre d'or — Le nombre d'or est le nombre réel positif, noté φ, égal à la fraction a / b si a et b sont deux nombres en proportion d'extrême et de moyenne raison. Il est donné par la formule :

\varphi = \frac{1 + \sqrt{5}}{2} \simeq 1,618\, 033\, 988\, 749\, 894\, 848\, 204\, 586\, 834\, 365

La proportion (1) , définissant la proportion d'or, peut être écrite de la manière suivante, obtenue en multipliant l'égalité par a / b :

 \frac {a+b}a =\frac ab \Leftrightarrow 1 + \frac ba = \frac ab \Leftrightarrow \frac ab + 1 = \left(\frac ab\right)ˆ2 \Leftrightarrow  \left(\frac ab\right)ˆ2 - \frac ab - 1 =  0

Ce qui revient à dire que φ est solution d'une équation du second degré. Cette propriété donne lieu à une troisième définition :

Définition alternative du nombre d'or — Le nombre d'or est l'unique solution positive de l'équation du second degré suivante :

xˆ2 - x - 1 = 0 \;

Cette équation est équivalente à celle indiquant que l'inverse de l'inconnue x est égal à x - 1 ou encore que le développement décimal de 1/x est le même que celui de x, auquel on a retranché sa partie entière.

Il existe deux modes de définition du nombre d'or, celle géométrique qui s'exprime en termes de proportion et celle algébrique qui définit le nombre comme l'unique racine positive d'une équation. Cette double approche sert à résoudre un problème d'algèbre, en l'occurrence une équation du second degré, avec méthode géométrique, on parle d'algèbre géométrique.

Rectangle et spirale d'or

Construction, à la règle et au compas d'un segment de longueur égale au nombre d'or.

Les calculs qui ont précédé permettent, avec une règle et d'un compas de dessiner une proportion d'extrême et de moyenne raison. La méthode est illustrée sur la figure de gauche. On dessine un cercle de centre C et de rayon 1 (en orange). Puis, de l'extrémité du rayon, on élève un segment (en vert) perpendiculaire au rayon, de longueur 1/2, et on trace le cercle de centre C' et de rayon 1/2. Le segment bleu qui a pour extrémités C et le point du cercle C' dans le prolongement de C C' est de longueur φ.

Rectangles d'or et divine proportion

Cette méthode permet aussi de construire un rectangle d'or, c'est-à-dire un rectangle de longueur a et de largeur b tel que a et b soient en proportion d'extrême et de moyenne raison. En d'autres termes, un rectangle est dit d'or si le rapport entre la longueur et la largeur est égal au nombre d'or.

Pour tracer un rectangle d'or de longueur a et de largeur b, le plus simple est de dessiner un carré de côté b. En prenant le milieu de la base comme centre, on trace un cercle passant par les deux sommets opposés. L'intersection de la droite prolongeant la base du carré et du cercle détermine l'extrémité de la base du rectangle d'or. Il apparait comme construit par l'adjonction à un carré de côté de longueur b, d'un rectangle de côtés de longueur b et a - b, comme le montre la figure de droite. Un rapide calcul montre que ce rectangle est toujours d'or :

 \frac {a-b}b = \frac ab - 1 = \frac {a+b}a - 1 = \frac ba = \frac 1{\varphi} \quad\text{donc}\quad \frac b{a-b} = \varphi \;
Fibonacci spiral 34.svg

Il est envisageable de réitérer le processus précédent et d'intégrer un carré de côté a - b dans le rectangle d'or de côté b, a - b, comme indiqué sur la figure de gauche. Cette méthode peut être prolongée indéfiniment. Si, dans chaque carré est dessiné un quart de cercle d'extrémités deux côtés du carré, comme sur la figure, on obtient une spirale. Ce graphique est une bonne approximation d'une spirale d'or, d'équation polaire :

 r (\theta) = r.\varphiˆ{-\frac{\theta}{\pi/2}}

Cette spirale est un cas spécifique de spirale logarithmique. Comme toute spirale de cette famille, elle possède une propriété caractéristique, si A est un point de la spirale, l'angle entre la droite passant par le centre de la spirale et A fait un angle constant avec la tangente à la spirale en A. Une telle spirale est dite équiangle.

D'autres figures se dessinent à l'aide du nombre d'or à l'instar de l'œuf d'or[1].

Pentagone et pentagramme

Figure 3 : Une fois la proportion d'extrême et de moyenne raison construite, il est simple de dessiner un pentagone.

Un pentagone se construit avec la proportion d'extrême et moyenne raison. Soit un cercle de diamètre OP1 et de rayon a, illustré sur la figure de gauche. Si b est le nombre réel plus petit que a tel que a et b soit en proportion d'or, et P2, P3, P4 et P5 les intersections du cercle de diamètre OP1 avec les deux cercles de centre O et de rayon a + b et b, alors les cinq points Pi définissent un pentagone.

Nombre d'or Pentagramme.svg

Le pentagramme associé, c'est-à-dire la figure composée des cinq diagonales du pentagone (cf figure de droite), contient aussi de multiples proportions d'extrêmes et moyennes raisons. Elles s'expriment simplement avec triangles isocèles dont les longueurs des côtés sont en proportion d'or. De tels triangles sont nommés triangles d'or. Il en existe de deux types différents, les jaunes ayant une base proportionnelle à a et deux côtés à b et les orange ayant une base proportionnelle à b et deux côtés à a. Les triangles foncés sont identiques aux plus clairs de même couleur, la proportion entre clair et foncé est toujours d'or.

Les triangles jaunes possèdent deux angles de 36°, soit le cinquième d'un angle plat et un de 108°, soit les trois cinquièmes d'un angle plat. Un tel triangle est quelquefois nommé triangle d'argent. Les triangles orange possèdent deux angles de 72°, soit les deux cinquièmes d'un angle plat et un angle de 36°. Avec des triangles d'or et d'argent dont les côtés sont toujours a et b, il est envisageable de paver totalement un plan euclidien de manière non périodique. Un tel pavage est dit de Penrose.

Trigonométrie

Article détaillé : Trigonométrie.
Nombre d'or trigonométrie.svg

L'analyse des mesures des triangles d'argent et d'or permettent de déterminer les valeurs trigonométriques associées au pentagone. Considérons un triangle d'argent de base φ et par conséquent de côtés adjacents de longueur 1. Ce triangle, coupé en son milieu, comme sur la figure de droite, est un triangle rectangle d'hypoténuse de longueur 1. Sa base est de longueur φ/2 car elle correspond à la demi-base du rectangle d'argent. On en déduit que le cosinus de 36° est égal à φ/2. Un raisonnement analogue s'applique au triangle d'or. Les côtés ont toujours une longueur 1, la base est en proportion d'or par conséquent de longueur φ - 1. On en déduit que le cosinus de 72° est égal à (φ - 1) /2. À partir de ces valeurs et de différentes formules, il est envisageable de calculer les images par les fonctions trigonométriques des multiples mais aussi les moitiés de l'angle 36°.

Une autre manière de déterminer les différentes valeurs caractéristiques d'un pentagone consiste à utiliser le plan complexe. Les sommets sont les racines du polynôme cyclotomique X5 - 1. Sa résolution est spécifiquement aisée car 5 est un nombre premier de Fermat, c'est-à-dire qu'il existe un entier n tel que 5 est égal à 2n + 1. Si p est un nombre premier, le polynôme régulier à p côtés est constructible à la règle et au compas si et uniquement si, p est un nombre de Fermat. Dans ce cas, l'extraction des racines du polynôme cyclotomique s'obtient avec résolution d'équations du second degré. Ce cas est traité dans l'article Polynôme cyclotomique.

Arithmétique

Un autre chemin que celui de la géométrie sert à mieux comprendre les propriétés du nombre d'or, l'arithmétique. Elle met en évidence ses propriétés algébriques mais aussi les profondes relations entre des sujets apparemment aussi différents que la suite de Fibonacci ou sa relation avec de complexes équations diophantiennes. Une équation diophantienne est une équation dont les cœfficients sont entiers et dont les solutions recherchées sont entières. Pour citer un exemple célèbre, ce dernier correspond à un cas spécifique du dernier théorème de Fermat :

xˆ5 + yˆ5 = zˆ5\;

Il fut résolu[2] par Dirichlet (1805 - 1859) en 1825, ce qui lui valut une célébrité immédiate. Carl Friedrich Gauss (1777 - 1855) , un mathématicien du XIXe siècle disait des problèmes de cette nature : «Leurs charmes spécifiques vient de la simplicité des énoncés jointe à la difficulté des preuves.»[3]

Avec outils légèrement ésotériques, comme la fraction continue ou l'entier algébrique, une arithmétique du nombre d'or, plus couramment nommé arithmétique de Dirichlet, se dessine. Les repères sont modifiés comparé à ceux des entiers naturels. Le nombre d'or est reconnu comme un entier à cause de son ressemblance avec la situation plus classique. On ajoute généralement le terme algébrique ou quadratique pour marquer la différence. Dans cet univers, 19 n'est pas un nombre premier, au sens de Dirichlet.

Fraction continue

Article détaillé : Fraction continue d'un nombre quadratique.

La fraction continue est une manière d'approcher un nombre réel, dans le cas du nombre d'or, elle est simple. On peut l'approcher par les valeurs 1 ou 1 + 1/1. La fraction suivante est plus précise :

1 + \frac 1{1 + \frac 11}

Le prolongement à l'infini de cette méthode donne précisément le nombre d'or :

\varphi = 1+ \frac 1{1 + \frac 1{1 + \frac 1 {1 + \frac 1{1 + \cdots}}}}

Le fait que la fraction ne s'arrête jamais montre que le nombre d'or n'est pas un nombre rationnel. Une démonstration est proposée dans l'article détaillé. On reconnaît, sous la première barre de fraction l'expression du nombre d'or. On en déduit plusieurs expressions algébriques de φ :

\varphi = 1 + \frac{1}{\varphi} \quad\text{ou}\quad \varphiˆ2 = \varphi + 1

La dernière formule donne une nouvelle expression du nombre d'or :

\varphi = \sqrt {1 + \varphi} = \sqrt {1 + \sqrt {1 + \varphi}}\quad\text{et}\quad \varphi = \sqrt{1+\sqrt{1+\sqrt{1+\sqrt{1+\cdots}}}}

Cette propriété possède des conséquences remarquables si φ est utilisé comme base d'un dispositif de nombre (voir base d'or).

La fraction continue approximant le nombre d'or possède toujours la plus petite valeur envisageable pour chacun de ses cœfficients, à savoir 1. En conséquence, il est le nombre irrationnel qui s'approxime le plus mal par des rationnels. On dit de lui qu'il est le plus irrationnel des nombres réels[4] (cf. Théorème d'Hurwitz) .

Suite de Fibonacci

Article détaillé : Suite de Fibonacci.

Le calcul des couples de numérateurs et dénominateurs obtenus par la fraction continue donne les valeurs suivantes (1, 1), (2, 1), (3, 2), (5, 3)... le dénominateur correspond au numérateur de la fraction précédente. Il est aussi égal au nième terme de la suite de Fibonacci (un). Elle est définie par récurrence :

u_1 = u_2 = 1\quad \text{et}\quad u_{n+2} = u_{n+1} + u_n \;

Les deux premiers termes sont égaux à 1 et les autres à la somme des deux qui ont précédé. Pour obtenir une bonne approximation du nombre d'or, il suffit de choisir une valeur de n suffisamment élevée et considérer la fraction un+1/un. En terme mathématiques, cela s'exprime sous la forme suivante :

\lim_{n \to \infty} \frac {u_{n+1}}{u_n} = \varphi\;

La vitesse de convergence est grande, la différence entre un+1/un et φ est , en valeur absolue, inférieure au carré de un.

Si la suite de Fibonacci sert à déterminer une approximation du nombre d'or, la réciproque est vraie. Plus précisément, on dispose de la formule suivante :

u_n= \frac1{\sqrt 5}\left(\varphiˆn -(1- \varphi)ˆn \right)

La valeur |1-φ|n ne fait que diminuer quand n s'accroît, elle est toujours suffisamment petite pour pouvoir être négligée, il suffit de prendre l'entier le plus proche de l'expression précédente en négligeant le terme en (1 - φ) n, on obtient :

\frac{\varphiˆ1}{\sqrt 5} \simeq 0,72\;\text{et} \;u_1 =1,\quad \frac{\varphiˆ5}{\sqrt 5} \simeq 4,96\;\text{et} \;u_5 =5,\quad  \frac{\varphiˆ{10}}{\sqrt 5} \simeq 55,004\;\text{et} \;u_{10} = 55

Cette propriété est vérifiée pour toute suite définie par la relation de récurrence un+2 = un+1 + un, indépendamment des valeurs prises par u1 et u2.

Équation diophantienne

Article détaillé : Équation diophantienne.

La fraction continue offre des rationnels b/a offrant presque des solutions à l'équation qui s'écrit sous les formes suivantes :

\frac ba \simeq 1 + \frac 1{\frac ba} \;\Leftrightarrow\; \frac {bˆ2}a \simeq b + a \;\Leftrightarrow\; aˆ2 + a\cdot b -bˆ2 \simeq 0

L'égalité stricte à zéro est impossible, elle n'autorise que les solutions triviales. En effet, aucun nombre rationnel ne vérifie la proportion d'or, ce qui justifie l'équation diophantienne suivante :

(1)\quad xˆ2 + x\cdot y - yˆ2 = \pm 1\;

L'école mathématique indienne s'intéresse aux équations de cette nature. Brahmagupta développe une méthode, dite chakravala qui permet l'étude de telles équations. Il utilise une identité, qui dans le cas présent prend la forme suivante :

(aˆ2 + ab - bˆ2)(cˆ2 + cd - dˆ2) = (ac + bd)ˆ2 + (ac + bd)(ad + bc + bd) - (ad + bc + bd)ˆ2\;

Cette identité est liée à l'équation (1) précédente et par conséquent au nombre d'or. Si (a, b) et (c, d) forment deux couples, solutions de l'équation (1) , la partie de gauche de l'identité est égale à plus ou moins un. La partie de droite de l'identité décrit par conséquent une solution (e, f) si e = ac + bd et f = ad + bc + bd. La découverte d'une multiplication spécifique *, sert à construire tout autant de solutions que désiré, à partir d'une unique si elle n'est pas triviale :

(a,b)*(c,d) = (ac + bd, ad + bc + bd)\;

En combinant une solution (a, b) avec elle-même on en obtient une nouvelle (a2 + b2, 2a. b + b2). Le couple (1, 1) est solution de l'équation (1) , par conséquent le couple (2, 3) l'est aussi. Elle est d'ailleurs déjà obtenue avec la méthode précédente. Avec la solution (2, 3) on obtient (13, 21) et avec la solution (13, 21) on obtient (610, 987). On vérifie que le couple (610, 987) est bien une solution de l'équation :

610ˆ2 + 610\times 987 - 987ˆ2 = 372\;100 + 602\; 070 - 974\;169 = 1

On en déduit que la fraction 987/610 est une excellente approximation du nombre d'or. En effet, 987/610 = 1, 6180327... une précision proche du millionième.

Entier de Dirichlet

Article détaillé : Entier de Dirichlet.

Dans cette vision du nombre d'or, il existe une multiplication naturelle. L'adjonction de l'addition usuelle des couples d'entiers relatifs, définit par l'égalité suivante, confère à la totalité des couples (a, b) une structure équipée d'une addition et d'une multiplication nommé, en terme contemporain, un anneau.

\forall a,b,c,d \in \mathbb Z\quad (a,b) + (c,d) = (a+b, c+d)\;

Si cet anneau est construit à partir d'une équation diophantienne connexe au nombre d'or, sa relation avec φ peut être vue plus directement. Il se conçoit simplement en considèrant les nombres réels de la forme a + φ. b, où a et b désignent deux nombres entiers. L'identité de Brahmagupta, définissant la multiplication se lit :

(a + \varphi b)(c + \varphi d) = ac + (ad + bc)\varphi +bd\varphiˆ2 = (ac + bd) + \varphi(ad + bc + bd)\;

Ainsi les puissances de φ sont tous de la forme a + φ. b, plus exactement φn = un-1 + un. φ, où (un) sert à désigner la suite de Fibonacci.

Ces deux anneaux possèdent des structures copie l'une de l'autre, le terme consacré pour décrire cette situation est celui d'isomorphisme. Un nombre réel de la forme a + φ. b est nommé un entier de Dirichlet. L'anneau des entiers de Dirichlet est le cadre naturel sous-jacent à toute l'arithmétique du nombre d'or. À certains égards, il est analogue à Z, la totalité des entiers naturels. Il est commutatif, et intègre. Le terme intègre veut dire que si la multiplication de deux éléments α. β donne 0 alors soit α soit β est nul. La ressemblance est plus profonde, cet anneau est euclidien, c'est-à-dire qu'il dispose d'une division euclidienne comparable à celle de l'arithmétique des entiers classiques. Les outils de l'arithmétique usuelle sur Z, comme le théorème de Bachet-Bézout, le lemme d'Euclide, le théorème essentiel de l'arithmétique ou en plus particulièrement élaboré le petit théorème de Fermat sont tous des conséquences de la division euclidienne. Elle offre des propriétés analogues pour l'arithmétique du nombre d'or. Cette ressemblance profonde pousse les arithméticiens à parler d'entiers pour décrire les éléments de cet ensemble. La compréhension de l'arithmétique de Z passe fréquemment par celles des nombres premiers. L'arithmétique du nombre d'or dispose aussi de ses nombres premiers de Dirichlet. Un nombre premier de Z n'est pas forcément premier dans l'arithmétique du nombre d'or, comme le montre le contre-exemple 19 :

(4 + 3\varphi)(7-3\varphi) = 28 - 9 + (-12 + 21 -9)\varphi = 19\;

Cette différence génère des modifications dans l'application des théorèmes classiques. Par exemple si p est un nombre premier différent de 5 tel que le reste de sa division euclidienne par 5 soit un carré parfait, par conséquent égal à 1 ou à 4, le petit théorème de Fermat indique que φp-1 - 1 est un multiple de p. Ceci montre que up-1 est un multiple de p mais aussi up-2 - 1, en effet, φp-1 - 1 = up-2 - 1 + up-1. φ. Les démonstrations sont proposées dans l'article détaillé.

Fragments d'histoire

Antiquité

Pour Thomas L. Heath, Platon est le premier grec à oser étudier les propriétés d'un nombre scandaleux car irrationnel, celui désormais nommé nombre d'or.

Les historiens[5] considèrent que l'histoire du nombre d'or débute quand cette valeur est l'objet d'une étude spécifique. Pour d'autres, la détermination d'une figure géométrique contenant au moins une proportion se calculant à l'aide du nombre d'or suffit. La pyramide de Khéops (vers 2520 av. J. -C. ) devient, selon cette convention, un bon candidat pour l'origine[6]. D'autres toujours, se contentent des restes d'un monument dont des dimensions permettent d'approximer le nombre d'or. Selon ce critère, un amas de pierres sous la mer des Bahamas est une origine plus ancienne[7]. Ces vestiges, dont l'origine humaine et la datation sont incertaines[8] sont dénommés temple d'Andros.

Le premier texte mathématique indiscutable[9] est celui des Éléments d'Euclide (vers 300 av. J. -C. ). Le nombre d'or est défini comme une proportion géométrique «Une droite est dite coupée en extrême et moyenne raison lorsque, comme elle est tout entière assez au plus grand segment, ainsi est le plus grand assez au plus petit[10]» Sa relation avec le pentagone, l'icosaèdre et le dodécaèdre est mise en évidence.

Les historiens s'accordent tous sur l'existence d'une origine plus ancienne, mais l'absence de document d'époque définitif interdit une connaissance indiscutable de l'origine[11]. Dans ce cadre, l'hypothèse est quelquefois émise que le nombre d'or a son origine chez les pythagoriciens [12] : ils auraient connu et construit empiriquement le dodécaèdre. L'historien des sciences Thomas L. Heath attribue la paternité de la découverte à Platon : «L'idée que Platon commença l'étude (du nombre d'or) comme sujet intrinsèque n'est pas sans consistance...»[13].

Heath précise néanmoins dans la même source que les pythagoriciens connaissaient déjà une construction du pentagone avec triangles isocèles. À cette époque, l'étude du nombre d'or est principalement géométrique, Hypsicles, un mathématicien grec du IIe siècle av. J. -C. , en fait usage pour la mesure de polyèdres réguliers[14]. Elle revient chaque fois qu'un pentagone est présent.

L'approche arithmétique est originellement bloquée par le préjugé pythagoricien qui voudrait que, à la différence du nombre d'or, tout nombre soit rationnel. Paul Tannery précise : «les Pythagoriciens sont partis de l'idée, naturelle à tout homme non instruit, que toute longueur est obligatoirement commensurable à l'unité[15]». Platon évoque cette difficulté[16], les premières preuves du caractère irrationnel de certaines diagonales de polygones réguliers remontent probablement[17] au Ve siècle av. J. -C. . Platon cite les travaux de son précepteur, Théodore de Cyrène, qui montre l'irrationalité de √5[18] et par voie de conséquence, celle du nombre d'or. Dès cette époque, les mathématiciens grecs découvrent des algorithmes d'approximation des nombres diagonaux et latéraux[19]. Énormément plus tard, Héron d'Alexandrie, un mathématicien du Ier siècle pousse plus loin cette démarche avec tables trigonométriques de Ptolémée[20].

Moyen Âge

Leonardo Pisano, plus connu sous le nom de Fibonacci, établit la relation entre des équations du second degré et le nombre d'or.

Les mathématiques arabes apportent un nouveau regard sur ce nombre, plus tard qualifié d'or. Ce n'est pas tant ses propriétés géométriques qui représentent pour eux son intérêt, mais le fait qu'il soit solution d'équations du second degré. Al-Khawarizmi, un mathématicien perse du VIIIe siècle, propose plusieurs problèmes consistant à diviser une longueur de dix unités en deux parties. L'un d'eux possède comme solution la taille d'origine divisée par le nombre d'or. Abu Kamil propose d'autres questions de même nature dont deux sont associées au nombre d'or. Par contre, ni pour Al-Khawarizmi ni pour Abu Kamil, la relation avec la proportion d'extrême et moyenne raison n'est mise en évidence. Il devient ainsi complexe de savoir si la relation avec le nombre d'or était claire pour eux[21].

Leonardo Pisano, plus connu sous le nom de Fibonacci, introduit en Europe les équations d'Abu Kamil. Dans son ouvrage Liber Abaci, on trouve non seulement la longueur des deux segments d'une ligne de 10 unités mais également, clairement indiquée la relation entre ces nombres et la proportion d'Euclide[22]. Son ouvrage introduit la suite qui porte désormais son nom, connue aux Indes depuis[23] le VIe siècle. Par contre la relation avec le nombre d'or n'est pas perçue par l'auteur. Un élément de cette suite est la somme des deux qui ont précédé.

Le quine, un dispositif de mesure utilisé par les bâtisseurs de l'Art roman, se fonde sur un principe analogue. Il se compose de cinq unités de mesure, toutes commensurables : la paume égale à 34 lignes, la palme qui en vaut 55, l'empan 89, le pied de Charlemagne 144 et la coudée royale 233. Ces unités correspondent à des nombres consécutifs de la suite de Fibonacci. Une paume plus une palme est ainsi égale à un empan, une palme et un empan à un pied de Charlemagne, enfin un empan et un pied de Charlemagne à une coudée royale. Le rapport entre deux termes consécutifs vérifie de plus en plus exactement la proportion en extrême et moyenne raison[24]. Si au Moyen Âge le nombre d'or est connu des tailleurs de pierre, sa géométrie est reconnue comme assez secondaire et ne prend de l'importance seulement à la Renaissance[25].

Renaissance

L'homme de Vitruve de Léonard de Vinci respecte les proportions explicitées par Vitruve, le nombre d'or n'intervient pas.

Trois siècles plus tard, Luca Pacioli rédige un ouvrage dénommé La divine proportion[26], illustré par Léonard de Vinci. Si l'aspect mathématique n'est pas nouveau, le traitement de la question du nombre d'or est inédit. L'intérêt du nombre ne réside pas tant dans ses propriétés mathématiques que mystiques, elles «concordent avec les attributs qui appartiennent à Dieu... [26]». Pacioli cite les dix raisons qui l'ont convaincu. L'incommensurabilité prend, sous la plume de l'auteur, la forme suivante «De même que Dieu ne peut se définir en termes propres et que les paroles ne peuvent nous le faire comprendre, ainsi notre proportion ne se peut jamais déterminer par un nombre qu'on puisse connaître, ni exprimer par quelque quantité rationnelle, mais est toujours mystérieuse et secrète, et qualifiée par les mathématiciens d'irrationnelle[26]».

Pacioli rédige ainsi l'envoi de son ouvrage : «une œuvre indispensable à l'ensemble des esprits perspicaces et curieux, où chacun de ceux qui aiment à étudier la philosophie, la perspective, la peinture, la sculpture, l'architecture, la musique et les autres disciplines mathématiques, trouvera une très délicate, subtile et admirable doctrine et se délectera de diverses questions touchant à une très secrète science. [26]», il est par contre discret sur la manière dont s'applique cette proportion. Dans son traité d'architecture[27], l'auteur se limite aux proportions[28] de Vitruve, un architecte de la Rome antique. Elles correspondent à des fractions d'entiers, choisies à l'image du corps humain[29]. S'il cite comme exemple une statue du grec Phidias, ce n'est que pour y voir le nombre d'or dans un dodécaèdre, une figure associée au pentagone symbole de la quintessence, une représentation du divin[30]. Les architectes de la Renaissance n'utilisent pas le nombre d'or[31][32]

Les mathématiciens de l'époque ne sont pas en reste. Les spécialistes des équations polynomiales que sont Gerolamo Cardano et Raphaël Bombelli indiquent comment calculer le nombre d'or avec équations de second degré[33]. Un résultat plus étonnant est anonyme. Une note manuscrite, datant du début du XVIe siècle et écrite dans la traduction de Pacioli des éléments d'Euclide de 1509, montre la connaissance de la relation entre la suite de Fibonacci et le nombre d'or. Si on divise un terme de la suite par son précédent, on trouve une approximation du nombre d'or. Plus le terme est élevé, plus l'approximation est bonne et elle peut devenir aussi précise que souhaitée[34]. Ce résultat est , plus tard, retrouvé par Johannes Kepler puis par Albert Girard[35]. Kepler est fasciné par le nombre d'or, il dit de lui «La géométrie contient deux grands trésors : l'un est le théorème de Pythagore ; l'autre est la division d'une ligne en moyenne et extrême raison. Le premier peut être comparé à une règle d'or ; le second à un joyau précieux[36]»

XIXe siècle : Naissance d'un mythe

Adolf Zeising appuie sa théorie sur des exemples naturels incontestables. Un Tournesol présente une figure où apparaît la suite de Fibonacci, mais aussi la spirale d'or.

Sur le front des mathématiques, l'intérêt diminue. Au XVIIIe siècle, le nombre d'or mais aussi les polyèdres réguliers sont reconnus «avec assez de justice, comme une branche inutile de la géométrie[37]». On lui prête toujours légèrement d'attention au siècle suivant, Jacques Binet retrouve en 1843 un résultat oublié, démontré originellement par Leonhard Euler en 1765[38]. Si la lettre φ sert à désigner le nombre d'or, le énième terme de la suite de Fibonacci est donné par la formule 1/√5 (φn + (1 - φ) n). Ce résultat est désormais connu sous le nom de Formule de Binet. La majeure partie des travaux se reporte sur la suite de Fibonacci. Édouard Lucas trouve des propriétés subtiles associées à cette suite, auquel il donne pour la première fois le nom de Fibonacci[39]. Son résultat principal porte le nom de Loi d'apparition des nombres premiers au sein de la suite Fibonacci[40][41]

D'autres sont plus polémiques. Pour retrouver le nombre d'or dans le Parthénon, il est indispensable d'user de conventions spécifiques.

C'est durant ce siècle que les termes de section dorée, puis nombre d'or apparaissent. On la trouve dans une réédition d'un ouvrage de mathématiques élémentaires rédigé par Martin Ohm. L'expression est citée dans une note de bas de page :«Certains ont l'habitude d'appeler la division en deux telles parties une section d'or[42]» Cette réédition fait surface dans une période localisée entre 1826 et 1835, par contre son origine est un mystère.

L'intérêt resurgit au milieu du siècle, avec les travaux du philosophe allemand Adolf Zeising. Le nombre d'or devient avec lui, un véritable dispositif, une clé pour la compréhension de nombreux domaines, tant artistiques comme l'architecture, la peinture, la musique, que scientifiques avec la biologie et l'anatomie[43]. Une dizaine d'années plus tard, il publie un article[44] sur le pentagramme «manifestation la plus évidente et la plus exemplaire de cette proportion». Une relecture de la métaphysique pythagoricienne lui sert à conclure à l'existence d'une loi universelle fondée sur le pentagramme et par conséquent, le nombre d'or. Malgré une approche scientifique douteuse[45] [46], la théorie de Zeising obtient un franc succès.

La France n'est pas en reste, pouvoir codifier de manière scientifique la beauté est une idée qui séduit. Les dimensions du Louvre, de l'Arc de triomphe sont mesurées avec attention, des délégations sont chargées de mesurer exactement la taille des pyramides égyptiennes mais aussi du Parthénon. Les cathédrales ne sont pas en reste. La France trouve son champion en Charles Henry, un peintre qui s'inscrit dans l'esprit positiviste de son temps. Dans un texte fondateur[47], à l'origine du mouvement pointilliste, il associe au nombre d'or, une théorie de la couleur et des lignes. Son influence auprès de peintres comme Seurat ou Pissaro n'est pas négligeable. Son attachement au nombre d'or n'est pas aussi profond que son collègue allemand. Il finit, en 1895, par abandonner définitivement l'idée de quantifier le beau[48]

XXe siècle : Le paroxysme

Toute spirale n'est pas d'or. Celle du nautile n'a rien à voir avec la divine proportion[49].

Loin de s'éteindre avec le déclin du positivisme, la popularité du nombre d'or ne fait que croître durant la première partie du siècle. Le prince roumain Matila Ghyka en devient l'incontestable chantre. Il reprend les thèses du siècle précédent et les généralise. Tout comme Zeising, il s'appuie dans un premier temps sur les exemples issus de la nature, comme les coquillages ou les plantes. Il applique cette universalité à l'architecture avec des règles plus souples que son prédécesseur. Le succès de cette théorie finit par influencer les notations. Le nombre d'or est fréquemment noté φ, en référence à l'architecte Phidias, concepteur du parthénon[50].

La dimension mystique n'est pas absente chez Ghyka[51] et trouve ses origines dans la philosophie pythagoricienne. L'absence de trace écrite sur le nombre d'or chez les pythagoriciens s'expliquerait par le culte du secret. Cette idée est beaucoup reprise et généralisée[52] par les mouvements de pensées ésotériques au XXe siècle. Le nombre d'or serait une trace d'un savoir perdu, appelé Tradition Essentielle ou Connaissance Occulte chez les Rose-Croix ou des mouvements connexes[53]. On le retrouve chez les passionnés de l'Atlantide, qui voient dans la pyramide de Khéops ou le temple d'Andros la preuve d'un savoir mathématique oublié[54]. Ce mouvement de pensée reprend des idées développées en Allemagne au XIXe siècle par Franz Liharzik, pour qui la présence du nombre d'or, de π et de carrés magiques est la preuve incontestable[55] d'un groupe restreint d'initiés possédant la science mathématique absolue[56].

En 1929, une époque troublée par des idées d'un autre âge, Ghyka n'hésite pas à tirer comme conclusion de son étude sur le nombre d'or, la suprématie de ce qu'il considère comme sa race : «le point de vue géométrique a caractérisé le développement mental (... ) de toute la civilisation occidentale (... ) ce sont la géométrie grecque et le sens géométrique (... ) qui donnèrent à la race blanche sa suprématie technique et politique[57] Si le prince n'insiste que particulièrement médiocrement sur cet aspect du nombre d'or, d'autres n'ont pas ses scrupules. Ils usent de l'correction de la morphologie d'une population avec les différentes proportions divines pour en déduire une supériorité qualifiée de raciale. Ce critère sert à fustiger certaines populations, sans d'ailleurs la moindre analyse[58]. Le nombre d'or est , toujours désormais, sujet à de prétendues preuves de supériorité culturelle, sociale ou ethnique[59].

Sans cautionner ces idées extrêmes, certains intellectuels ou artistes éprouvent une authentique fascination pour le nombre d'or ou son mythe. Le compositeur Iannis Xenakis utilise ses propriétés mathématiques pour certaines compositions[60]. L'architecte Le Corbusier reprend l'idée consistant à établir les dimensions d'un bâtiment selon la morphologie humaine et utilise pour cela le nombre d'or. Paul Valéry un poète et intellectuel écrit à ce sujet des vers dans son Cantique des colonnes :

«Filles des nombres d'or
Fortes des lois du ciel
Sur nous tombe et s'endort
Un dieu couleur de miel.»

Le peintre Salvador Dali fait référence au nombre d'or et sa mythologie dans sa peinture, par exemple dans un tableau dénommé Le Sacrement de la dernière Cène.

Sur le plan mathématique, le nombre d'or suit une trajectoire inverse, son aura ne fait que diminuer et il quitte le domaine de la recherche pure. Il existe néanmoins une exception, une revue sur la suite de Fibonacci[61], dont l'objet est plus ludique qu'associé à la recherche. Par contre, le nombre d'or apparaît comme la clé de quelques sujets scientifiques. La question de phyllotaxie, se rapportant à la spirale qu'on trouve dans certains végétaux comme les écailles de la pomme de pin est-elle vraiment liée à la proportion d'Euclide ? Cette question fait couler énormément d'encre dès le siècle précédent. Wilhelm Friedrich Benedict Hofmeister suppose que cette spirale est la conséquence d'une règle simple[62]. Pour le botaniste allemand Julius Sachs, ce n'est qu'un orgueilleux jeu mathématique, purement subjectif[63]. En 1952, un scientifique, père fondateur de l'informatique, Alan Turing propose un mécanisme qui donnerait raison à Hofmeister[64]. Deux physiciens, Douady et Couder, finissent par trouver l'expérience qui sert à conclure cette longue histoire[65]. Hofmeister et Turing avaient raison, la présence du nombre d'or dans le monde végétal n'est ni fortuite ni subjective[66].

Nature

Omniprésence

L'absence de nombre d'or dans la spirale logarithmique décrivant la forme d'une galaxie rend l'astronome sceptique sur l'usage de cette proportion dans ce contexte.

La thèse de l'omniprésence du nombre d'or est fréquemment reprise[67]. Si un avis définitif sur ce phénomène est complexe à propos de l'œuvre des hommes, il est plus aisé de comprendre la différence d'opinion que soulève cette question pour les sciences de la nature. Elle provient de l'usage des critères utilisés pour lier ou non le nombre d'or avec un phénomène.

Dans le monde végétal, les écailles des pommes de pins génèrent des spirales spécifiques, dites logarithmiques. Ces spirales se construisent avec un nombre réel non nul quelconque. S'il est égal au nombre d'or, les proportions correspondent à la moyenne et extrême proportion d'Euclide et la suite de Fibonacci apparaît. Ce phénomène se produit sur les étamines d'une fleur de tournesol. La présence du nombre d'or n'est pas controversée dans ce cas[68].

Une organisation autour d'un schéma pentagonal des atomes d'un cristal de quartz explique l'usage du nombre d'or pour l'étude d'un tel minéral.

En revanche, le fait qu'une telle spirale puisse aussi se construire avec le nombre d'or est une raison insuffisante pour l'associer à n'importe quelle spirale logarithmique, comme celles que forment la coquille du mollusque le nautilus[67], les yeux sur les plumes d'un paon[69] ou encore à certaines galaxies[70]. Pour un spécialiste, l'absence de nombre d'or dans une spirale rend le concept caduc. Ni proportion d'or, ni suite de Fibonacci ne sont présents. Le nombre d'or n'offre aucune information sur son sujet d'étude[71], [72].

En minéralogie, il existe des cristaux dont les atomes s'organisent selon un schéma pentagonal. Les proportions entre les côtés et les diagonales du pentagone font intervenir le nombre d'or. Il est aussi présent dans des structures dites quasi cristallines. Les atomes dessinent des triangles d'or qui remplissent l'espace sans pour tout autant présenter de périodicité, on obtient un pavage de Penrose. Pour la même raison que auparavant, le nombre d'or est présent et on retrouve la suite de Fibonacci[73]. Le pentagone n'est pas présent dans l'ensemble des cristaux. La structure cubique à faces centrées d'un diamant ne fait pas intervenir le nombre d'or.

Ainsi, selon l'axe d'analyse, la réponse sur l'omniprésence du nombre d'or est différente. Pour un scientifique, spécialiste dans un domaine, l'usage du nombre d'or est finalement plutôt rare, limité à quelques sujets comme la phyllotaxie du tournesol ou la cristallographie du quartz. S'il recherche des concepts explicatifs pour mieux comprendre son domaine, la proportion d'Euclide est rarement de ceux-là. D'autres[67] utilisent l'ressemblance mais aussi l'esthétique comme critère. La divine proportion est pour eux présente dans les cieux, la vie animale et végétale, les minéraux et finalement dans toute la nature.

Phyllotaxie

Article détaillé : Phyllotaxie.
Une pomme de pin illustre par ses écailles un phénomène de phyllotaxie. On trouve des spirales dont la proportion est proche de celle d'Euclide. Le nombre d'écailles dans une spirale mais aussi le nombre de spirales correspond à deux nombres consécutifs dans la suite de Fibonacci.
Le mécanisme ne fait pas forcément apparaître le nombre d'or. Pour l'Achimenes erecta, on remarque ici trois jeux de trois feuilles. Chaque jeu est pivoté d'un sixième de tour comparé à la génération précédente. On obtient toujours deux jeux de spirales, mais qui n'ont plus rien à voir avec le nombre d'or.

En biologie, l'ordonnancement des écailles d'une pomme de pin ou de l'écorce d'un ananas induit des spirales ordonnées par des nombres entiers, fréquemment associés au nombre d'or. Sur la figure de gauche, on observe 8 spirales, chacune constituée de 13 écailles dans un sens et 13 spirales constituées de 8 écailles dans l'autre sens. Les proportions de ces spirales ne sont pas particulièrement éloignées de celles d'une spirale d'or. Les nombres 8 et 13 sont deux nombres consécutifs de la suite de Fibonacci et leur rapport est proche du nombre d'or. Un phénomène analogue se produit avec les étamines des tournesols, cette fois avec les couples d'entiers (21, 34), (34, 55) et (55, 89). Chacun de ces couples correspond à deux entiers consécutifs de la suite de Fibonacci.

La phyllotaxie ne suit pas forcément les lois du nombre d'or. À droite, on voit un mécanisme analogue sur des feuilles, les deux spirales sont toujours logarithmiques mais ne suivent plus la proportion d'or. Les nombres de spirales dans un sens et dans l'autre sont égaux.

Ce mécanisme est régi par la règle dite de Hofmeister : Le primordium apparaît périodiquement dans le plus grand espace disponible. Un primordium correspond à un embryon de partie de plante : écaille, feuille, d'étamine, etc. Ce mécanisme est contrôlé par la production d'une substance inhibitrice, nommée morphogène, émise par les primordia. Ainsi une nouvelle pousse ne peut naître que le plus loin envisageable des précédentes.

Dans le cas de l'Achimenes erecta, la tige pousse rapidement comparé à la feuille, la seconde feuille naît dans la direction opposée, le rapport entre la croissance de la tige et le temps d'apparition d'un nouveau primordium fait que la troisième position la meilleure est à un angle d'un tiers de tour comparé à la première feuille et deux tiers comparé à la seconde. Finalement on obtient la naissance de trois feuilles, décalées d'un tiers de tour l'une comparé à l'autre, puis d'un nouveau jeu de trois feuilles, décalé d'un sixième de tour comparé au jeu précédent.

La pomme de pin suit la même règle pour le primordium de l'écaille. La croissance de la tige entre deux primordia est bien plus modérée. Le troisième primordium naît en conséquence entre les deux premiers, avec un angle un peu plus faible du côté du premier primordium, la tige ayant légèrement grandi. Douady et Couder ont montré qu'un tel mécanisme produit deux jeux de spirales d'or de directions opposées dont les nombres de spirales par jeu correspondent à deux éléments consécutifs de la suite de Fibonacci. Plus la croissance entre la naissance de deux primordia est petite, plus élevés sont les deux éléments consécutifs de la suite. [68]

Corps humain

Le squelette de Zeising ne respecte pas exactement les proportions du corps humain, le crâne est par exemple irréaliste.

Le corps humain est un enjeu fréquemment corrélé à celui du nombre d'or. Il comporte différentes facettes. Dans un premier temps scientifique, la question mainte fois posée est de savoir si le corps, à l'image de la fleur de tournesol, possède une relation plus ou moins directe avec le nombre d'or. En terme artistique, la divine proportion est-elle utilisable pour représenter le corps ? Il existe enfin un enjeu esthétique. Si le nombre d'or, comme le pense[60] le compositeur Xenakis, est relié à notre corps, son usage peut être une technique pour obtenir de l'harmonie.

Albrecht Dürer développe un module dans le même esprit que l'homme de Vitruve de Léonard de Vinci. Le sien utilise un dispositif de division par 10 [74].

La première corrélation recherchée est dans les dimensions du corps humain. Elle débouche sur la tentative d'un dispositif de mesure construit à l'aide du seul nombre d'or. Zeising fonde toute une anatomie[75] sur cette arithmétique. Après un vif effet de mode, cette approche est finalement abandonnée. Ses proportions sont à la fois trop imprécises et ne correspondent que trop mal à l'anatomie du corps humain. Les proportions du crâne, par exemple, ne sont pas réalistes[76]. D'autres raisons, plus profondes toujours, sont la cause de l'abandon d'une démarche de cette nature. L'anatomie médicale n'est pas à la recherche d'une proportion spécifique, mais des limites qui, si elles sont dépassées deviennent pathologiques. Elle utilise des fractions simples mais aussi des plages de longueur, mais jamais le nombre d'or[77]. À l'endroit où certains voient une divine proportion, comme dans le rapport de la longueur de l'avant-bras sur celui de la main, l'anatomiste scientifique calcule le rapport entre la longueur de la main et celle de l'avant bras, il voit 2/3. La différence entre les deux approches, inférieure à 8 %, ne lui paraît pas justifier une telle complexité, au vu des variations observées entre les individus.

Une autre raison est apportée par S. J. Gould, un paléontologue[78]. Les dimensions d'un être humain sont en constante évolution. En un siècle, le Français moyen a gagné 11 centimètres[79], et cette croissance n'est pas uniforme. Le jeu des proportions d'un corps humain est principalement dynamique, cet aspect rend complexe d'imaginer une proportion unique, clé universelle de l'anatomie humaine. Une approche de cette nature, trop normative et intemporelle, n'a pas énormément de sens scientifique en anatomie[80]. Si cet axe de recherche n'est plus d'actualité, cela ne veut pas dire l'abandon de la quête du nombre d'or dans le corps humain. Le cerveau est désormais source d'attention[81]. Cette théorie reste minoritaire et controversée.

Les contraintes artistiques sont de natures différentes. Les artistes, attentifs au travail des médecins, ont imaginé des modules ou dispositifs de proportions, propres au corps humain. Le désir de le représenter impose une démarche de cette nature. Un très ancien module est celui des égyptiens[82], la classique proportion du rapport de la taille complète à la hauteur du nombril est estimé à 19/11, assez loin du nombre d'or. Les modules sont , généralement, purement fractionnaires. Tel est le cas de celui découvert par les égyptiens, par Polyclète, qui nous est rapporté par Vitruve, de celui de Cousin, de Vinci ou de Dürer. Il est néanmoins complexe d'en déduire que Dürer croyait en un canon universel. Il initie une conception fondée sur la pluralité des types de beauté[83], ayant chacune ses proportions propres.

Œuvre de l'homme

Peinture

L'idée que le nombre d'or possède une qualité visuelle intrinsèque est beaucoup citée[84]. Un argument est la présence de la divine proportion dans de nombreux chefs d'œuvres. Le canon de la figure humaine de Dürer le contient explicitement. Cependant les commentaires précis sont rares, ce qui amène à rechercher le rapport d'Euclide, sans information directe de la part de l'auteur. L'existence d'une forme géométrique ayant des concordances avec le tableau est pour certains, un élément de preuve. Pour d'autres[85] une démarche de cette nature est peu convaincante.

Les dimensions de La Naissance de Vénus de Sandro Botticelli respectent assez exactement la divine proportion. Il est néenmoins particulièrement peu probable que cela indique une quelconque volonté de l'auteur.

Un exemple est celui de La Naissance de Vénus de Sandro Botticelli[86]. Ses dimensions, 172, 5 × 278, 5 cm respectent exactement la proportion. Le carré, associé au rectangle d'or, correspond à un rythme du tableau, enfin la diagonale du rectangle restant, mais aussi celle symétrique, sont des lignes de forces. Ce raisonnement n'a pas convaincu certains spécialistes. Le tableau semble faire partie d'un diptyque avec Le Printemps, un autre tableau du maître. L'aile d'un des Dieux, appelé Aura est étrangement coupé. Pour en avoir le cœur net, une analyse finit par être faite. Le verdict est sans appel, Botticelli avait choisi une taille analogue à celle du Printemps[87], le haut du tableau est amputé de 32, 5 cm et avait, à sa conception la taille de son alter ego. Dans ce cas, le choix de la divine proportion ne correspond pas à celui de son créateur.

De nombreuses indications laissent penser que ce n'est pas du côté de la divine proportion qu'il faut chercher à comprendre les rythmes du Saint-Jérôme de Léonard de Vinci.

Pour certains, il existe un fondement scientifique à la beauté : «... la nature, ministre de la divinité, quand elle façonna l'homme, en disposa la tête avec l'ensemble des proportions voulues... [26]». Cette idée n'est pas une invention de Pacioli, le traité de peinture[88] de Leon Battista Alberti, établissant les premières règles de la perspective, était déjà l'illustration d'une philosophie analogue. La découverte de lois scientifiques, modifie la peinture et permet d'incarner un nouvel parfait. Si l'approche mathématique d'Alberti obtient un large consensus, peu d'éléments laissent penser à un succès analogue pour la loi de la divine proportion.

Un exemple est le cas Vinci. Pacioli est un de ses amis proches[89], Vinci connaît suffisamment ses théories pour illustrer son ouvrage. À travers ses codex[90], son traité[91] et les multiples analyses de ses sources[92], la pensée de Vinci sur la proportion en peinture nous est connue. Si, pour le maître, la peinture ressemble à une science[93], ses thèses sont forts éloignées de celle de son ami. Sa première source est l'observation et l'expérience, et non les mathématiques : «... l'expérience ayant été la maîtresse de ceux qui écrivent bien, je la choisis pour maîtresse et , en tout cas ferai appel à elle[94]». Cette attitude se traduit, par exemple pour le choix des proportions humaines. À travers de multiples dissections, il mesure toujours les rapports entre les dimensions des différents os et muscles. Ses planches médicales l'amènent à une conception de l'anatomie dont les rapports sont de même nature que celle de la médecine moderne : ils sont fort nombreux et s'expriment avec fractions composées de petits facteurs entiers[95]. La science de Vinci s'applique aussi sur des sujets déjà traités comme la perspective. Une fois toujours, sa logique est plus proche de l'observation que de la rigidité mathématique. Les lois qu'il ajoute à celles d'Alberti traitent de la couleur : une chose éloignée voit sa couleur tirer vers le bleu, mais aussi de la netteté «comment les choses qui s'éloignent doivent être moins nettes par rapport à leur distance[96]». Les règles régissant la proportion chez Vinci sont subtiles et en opposition avec des articulations albertiennes, trop claires à ses yeux[97], comme l'application directe d'une proportion sans lien avec ses observations.

À l'instar du Saint Jérôme à droite, énormément d'exemples de rectangle d'or trouvés chez un peintre[98] supposent une approche de la proportion sans justification de la part du peintre ou, comme ici, contraire aux règles établies par son auteur. Ni Arasse dans son volumineux ouvrage sur Vinci, ni Marani dans le sien[99] ne font référence à une explication de cette nature.

Le nombre d'or a aussi influencé les peintres du groupe de Puteaux, nommé aussi «Section d'or», groupe qui se crée autour de Jacques Villon en 1911. Leur emploi du nombre d'or en peinture est cependant davantage intuitif que purement mathématique.

Archéologie

Le théâtre d'Épidaure contient deux séries de gradins, l'une de 21, l'autre de 34, deux nombres connexes de la suite de Fibonacci dont le rapport est proche du nombre d'or.

L'archéologie est un sujet de controverse. Pour le prince Ghyka, elle est la preuve de l'universalité du canon de beauté qu'est le nombre d'or. L'argument principal est le caractère vaste du nombre d'exemples. Le prince reprend les travaux de son prédécesseur Zeising et l'enrichit énormément. Le théâtre d'Épidaure possède deux séries de gradins l'une de 21 et l'autre de 34 marches, deux éléments consécutifs de la suite de Fibonacci.

Si on en croit les canons de la beauté de Polyclète le sculpteur à qui on attribue l'éphèbe Westmacott les proportions du corps humains sont des fractions d'entiers et non le nombre d'or.

Les plus convaincus citent le temple d'Andros et celui de Salomon comme exemple d'utilisation du nombre d'or. Pour le temple d'Andros, sa forme actuelle est un losange dont deux côtés ont un rapport approximativement égal à 5/3, une valeur proche du nombre d'or. L'origine de ces vestiges, qui daterait de 10 000 ans, n'est pas avérée. Ce site, non reconnu par les archéologues officiels[100] est pour ses partisans une preuve de l'existence de l'Atlantide[101]. Le temple de Salomon aurait une dimension d'un rapport 2/1, certains[102] remarquent que ce sont deux termes consécutifs de la suite de Fibonacci, un élément suffisant à leurs yeux pour voir la trace du nombre d'or.

La pyramide de Kheops convainc un public plus vaste. Cet exemple est cité depuis le milieu de XIXe siècle, une époque où la méconnaissance presque totale de l'égyptologie donne naissance à d'innombrables mythes[103]. La coïncidence entre les dimensions de la pyramide et le nombre d'or est ici excellente. Le rapport entre la longueur de la plus grande pente d'une des faces et la demi-longueur d'un côté correspond au nombre d'or avec une précision de moins de 1 %. Le scepticisme des professionnels est la conséquence de la connaissance actuelle de la civilisation égyptienne[104]. Les outils mathématiques nécessaires pour une détermination du nombre d'or, n'apparaissent que 700 ans plus tard, grâce à un apport babylonien[105]. On ne trouve pas non plus la moindre trace religieuse ou esthétique qui justifie un choix de cette nature. Cette faiblesse pousse Taylor, à l'origine de cette hypothèse, à créer de toute pièce une citation de Hérodote : «Le carré construit sur la hauteur verticale égalait précisément la surface de chacune des faces triangulaires»[106].

Le cas grec est toujours plus populaire et particulièrement beaucoup étayé. Mais l'écart entre la culture grecque et le nombre d'or laisse perplexe les spécialistes[107]. Ces proportions incommensurables, que sont la diagonale d'un carré ou celle d'Euclide, sont vécues comme un scandale[108], une trahison[109] des dieux à l'époque de Pythagore. Un grec n'imagine pas qu'un nombre puisse être autre chose qu'une fraction d'entiers. L'existence de proportions, comme celle d'Euclide, qui ne sont pas des nombres est une source de chaos intellectuel, à l'opposé des valeurs philosophiques et mystiques des pythagoriciens[110]. On raconte que Hippase de Métaponte aurait été exclu de la confrérie des pythagoriciens pour avoir dévoilé le scandale de l'incommensurabilité d'une diagonale d'un dodécaèdre, une autre indique qu'il aurait péri noyé[111], conséquence de son impiété. Qu'une proportion aussi négative soit utilisée pour les monuments apparaît surprenant. Les textes d'architecture grecs confirment l'usage des nombres rationnels pour définir les proportions des bâtiments. Les proportions harmonieuses sont longuement relatées par Vitruve un architecte, auteur du célèbre traité De Architectura en dix volumes[112]. Pour se faire il utilise beaucoup, au volume IX, les mathématiques de Platon, Pythagore ou d'autres mathématiciens. Les proportions proviennent du module de Polyclète un sculpteur grec contemporain de Phidias. Le traité de Vitruve ne contient aucune trace de proportion irrationnelle à l'exception de la diagonale du carré[113].

Enfin, les exemples choisis par le prince sont controversés. Retrouver la divine proportion dans la façade du Parthénon demande des conventions spécifiques, comme d'inclure trois des quatre marches du fronton[114] ou de tronquer le toit[115]. L'usage de valeurs non spécifiques donne des résultats trop éloignés de l'objectif[116]. Pour expliquer la présence du nombre d'or dans les proportions des monuments grecs, Ghyka n'hésite pas à utiliser des fractions comme 1/φ4, bien complexe à différencier de 1/4, ou d'une racine quatrième de φ. Les techniques hellénistiques sont néenmoins incapables de réaliser un tel calcul[117].

Architecture

Le Corbusier est l'architecte qui théorise l'usage du nombre d'or dans son métier. S'il reprend l'idée de Vitruve, consistant à proportionner un bâtiment aux dimensions d'un corps humain, il y associe d'autres éléments justifiant l'usage de la proportion d'Euclide.

Le nombre d'or sert à créer un curieux système de numération. Les mathématiques nous apprennent qu'il est envisageable de construire une numération positionnelle, non seulement avec dix, comme celle des humains, ou avec deux, pour les ordinateurs, mais avec n'importe quel nombre réel strictement positif et différent de un. Celui construit avec le nombre d'or, nommé base d'or, lui semble le plus adapté à l'architecture. Au premier contact, il est légèrement étrange. Par exemple dans ce monde 100 est égal à 10 + 1, ce qu'un mathématicien lit φ2 = φ + 1. Cette loi est la réincarnation du vieux quine des tailleurs de pierre du Moyen Âge, une paume plus une palme est égal à un empan.

Cette échelle harmonique pour reprendre son expression[118] sert à réconcilier les atouts du dispositif métrique décimal, pratique et abstrait, avec ceux du dispositif anglais des pouces et des pieds, naturel mais peu pratique. En calant les différentes dizaines, c'est-à-dire ici les puissances du nombre d'or, sur les dimensions humaines, Le Corbusier cherche à obtenir un dispositif alliant les deux avantages. La seconde unité correspond à la taille d'un avant-bras, la troisième à la distance entre le nombril et le sommet de la tête, la quatrième à celle entre le sol et le nombril d'un homme debout et la cinquième à la taille d'un adulte.

En termes d'architecture, cette démarche offre un moyen naturel pour incarner l'idéal de Vitruve. Chaque dizaine correspond à une proportion humaine et les différentes proportions se répondent entre elles. En termes d'urbanisme, Le Corbusier cherche à trouver un moyen de normalisation. En 1950, date de parution du premier tome sur le Modulor, nom qu'il donne à ce dispositif, les besoins de reconstruction sont vastes et la rationalisation de la production, un impératif. L'auteur parle de machine à habiter. Cette démarche, vise aussi un objectif esthétique. La normalisation dispose d'un avantage, elle permet plus d'harmonie. Le tracé régulateur, c'est-à-dire l'échelle construite sur la suite de Fibonacci y joue un rôle : «Le tracé régulateur n'apporte pas d'idée poétique ou lyrique ; il n'inspire nullement le thème ; il n'est pas créateur ; il est équilibreur. Problème de pure plasticité[119]»

À partir des années 1950, Le Corbusier utilise toujours le modulor pour concevoir son œuvre architecturale. La Cité radieuse de Marseille ou la Chapelle Notre-Dame-du-Haut de Ronchamp sont deux exemples célèbres.

Musique

En musique, le nombre d'or est recherché à la fois dans l'harmonie et dans le rythme.

Le terme d'harmonie sert à désigner ici une technique servant à choisir les différentes notes jouées simultanément. Durant une période qui couvre du XVIe siècle au début du XXe siècle, elle est principalement tonale, à l'image de la musique de Bach ou Mozart. Aucune série de deux notes ne définit une proportion d'or. L'approximation la plus proche étant la quinte obtenue par deux sons dont les fréquences définissent un rapport de 3/2. Pour cette raison, le nombre d'or est fréquemment recherché dans la musique du XXe siècle. De nouvelles gammes sont explorées, comme la gamme décatonique ou 10-TET[120] (ten-ton équal temperament) . Dans celle-ci, l'octave est partagé en 10 parties identiques. Chaque degré représente alors un écart de 21/10. Pour cette gamme, le nombre d'or est proche du rapport défini par deux notes scindées de 7 degrés. La présence du nombre d'or ici est néanmoins légèrement fortuite. Un écart entre 7 degrés donne une proportion de 27/10 approximativement égal à 1, 624.

Le rythme est plus largementassocié au nombre d'or et sur une période musicale plus vaste. Son traitement par Bach est l'objet d'une thèse de doctorat[121], sur l'ressemblance entre les rythmes de Suite en do mineur pour luth (BWV 997) et la Passion selon saint Matthieu (BWV 244). Roy Howat montre que Debussy était associé à des revues symbolistes auxquelles il participait et qui analysaient les proportions et le nombre d'or. Il montre aussi comment on retrouve cette approche à travers des œuvres comme La mer ou Reflets dans l'eau[122]. Des études montrent des résultats analogues pour Erik Satie[123], Béla Bartók[124] ou encore Karlheinz Stockhausen[125].

À l'exception de compositeurs comme Xenakis où l'usage du nombre d'or est explicité par l'auteur[60], l'absence de preuve définitive empêche le consensus[126]. La polémique est néanmoins de nature différente de celle qui sévit, par exemple en archéologie. Ici la position favorable à l'existence d'un usage large du nombre d'or est défendue par des institutions professionnelles comme l'Ircam[127] ou une thèse d'Université comme celle de Montréal[128].

Esthétique mathématique

Une question récurrente est celle de l'existence ou non d'une réalité scientifique de l'idée de beauté associée au nombre d'or. Elle s'inscrit dans le cadre général d'une théorie scientifique de l'esthétique. Certains artistes, comme Xenakis en sont persuadés : «Or, les durées musicales sont créées par des décharges musculaires qui actionnent les membres humains. Il est évident que les mouvements de ces membres ont tendance à se produire en des temps proportionnels aux dimensions de ces nombres. D'où la conséquence : les durées qui sont en rapport du nombre d'or sont plus naturelles pour les mouvements du corps humain[60]». Charles Henry, dans le domaine des arts picturaux, inscrit le nombre d'or dans une vaste théorie de cette nature, traitant non seulement des proportions, mais également de la couleur et des constrastes[47].

Préfigurant une démarche de nature sociologique comme celle d'Émile Durkheim, le philosophe allemand Gustav Fechner tente des expériences statistiques pour valider scientifiquement une association humaine entre le beau et le rectangle d'or[129]. Des formes sont présentées à un public qui évalue les proportions les plus esthétiques. Si les résultats vont dans le sens de l'existence d'un canon de beauté construit avec la divine proportion, le protocole choisi ne correspond pas aux critères actuels de rigueur[130]. Une deuxième expérience, plus objective[130] met en évidence une prédilection pour un format proche du 16/9 de la télévision. Une fois toujours, et malgré son caractère plus rigoureux, le caractère universel d'un tel format n'est pas établi.

Si l'intuition d'artistes comme Xenakis, Valéry ou Le Corbusier, laisse penser à l'existence d'une transcendance esthétique du nombre d'or, aucune approche scientifique ne permet d'affirmer la pertinence d'une telle hypothèse.

Annexes

Bibliographie

Notes et références

  1. Voir par exemple le tracé utilisé pour la construction d'une cuve à vin en forme d'œuf
  2. Dirichlet Démonstration du théorème de Fermat et de Wilson (compte-rendu par Cournot de quelques mémoires d'Abel, Jacobi et Lejeune-Dirichlet, au Journ. der Mathemat., de M. Crelle, t. 3, cah. 4). 1829, t. 11, p. 153-157
  3. C. Goldstein Fermat et son Théorème Orsay Info 57 1999 Lire
  4. The most irrational number par l'American mathematical society
  5. C'est le choix, par exemple de : R. Herz-Fischler A Mathematical History of Division in Extreme and Mean Ratio Wilfrid Laurier Univ Pr 1987 (ISBN 0889201528) ou encore de T. Heath A History of Greek Mathematics, Vol. 1 Dover Publications retirage 1981 (ISBN 0486240738)
  6. L'harmonie du nombre d'or un site Web parmi d'autres indique : Le nombre d'or, supposé apparaître en pleine Grèce antique était, en réalité, déjdésormais dans la grande pyramide égyptienne : la pyramide de Khéops.
  7. L. R. Cedric, Quest for Atlantis Manor Books Inc., New York, 1979
  8. Valentine, J. Manson, Archæological Enigmas of Florida and the Western Bahamas Muse News, Miami Museum of Science, Vol. 1, No. 2, June 1969
  9. Euclide Éléments d'Euclide Livre II théorème 11
  10. Euclide Éléments d'Euclide livre VI, 3ème définition. )
  11. Voir à ce sujet, par exemple le site The golden ratio par J. J. O'Connor and E. F. Robertson de l'Université de St Andrew
  12. Heath, A History of Greek Mathematics, t. I : From Thales to Euclid, Oxford University Press, 1921, p. 160 sq.  ; The Thirteen Books of Euclid's Elements, Cambridge University Press, 1926, t. II, p. 97 sq.
  13. Euclide The Thirteen Books of Euclid's Elements Édition de Thomas L. Heath, Dover, New York, 1956, t. II, p. 97 sq.
  14. Thomas L. Heath A History of Greek Mathematics, I : From Thales to Euclid, Oxford University Press, 1921.
  15. P. Tannery Mémoires scientifiques. Paris-Toulouse : E. Privat 1912 I p 268
  16. On en trouve trace dans : Platon La République Livre VIII 546c, où il parle de diagonales rationnelles et irrationnelles
  17. Jean-Luc Périllié La découverte des incommensurables et le vertige de l'infini Transcription d'une conférence qui a eu lieu le 16 mai 2001 à Grenoble p 18
  18. Platon Théétète (Platon) 147d
  19. Jean-Luc Périllié La découverte des incommensurables et le vertige de l'infini p 19
  20. R. Herz-Fischler Hero of Alexandria's Numerical Treatment of Division in Extreme and Mean Ratio and its Implications Phœnix 35 (1981), pp. 129-133
  21. Ces deux exemples proviennent du site The Golden Ratio par J. J. O'Connor and E. F. Robertson de l'Université de St Andrew
  22. Fibonacci Liber abaci 1202 ce texte est traduit par L. E. Sigler en anglais éditeur Springer-Verlag 2002 (ISBN 0387954198)
  23. P. Singh The So-called Fibonacci numbers in ancient and medieval India Historia Mathematica 12 (3), 229–44, 1985.
  24. La mesure du monde dossier mensuel de Britanica France
  25. «Un autre reproche qu'il nous faut aussi, en préambule, adresser à la plupart de ceux qui se sont occupés de cette question, c'est que, convaincus à priori du caractère complètement «secret» de cette géométrie et , par conséquent, de la quasi inexistence de la documentation, ils se sont laissés aller à échafauder ce qui apparaît comme étant davantage des rêveries que des hypothèses, la majorité d'entre elles étant exclusivement centrées sur le fameux «Nombre d'Or», un aspect en réalité assez «secondaire» de la question et dont l'émergence au premier plan des préoccupations des bâtisseurs, ou, plus précisément, au premier plan de la littérature traitant du sujet, ne date en fait que de la Renaissance» P. Vela El mas noble y cabal fundamenta de la canteria Letra y espiritu n° 18 nov. 2003
  26. Luca Pacioli De Divina Proportione traduction française par G. Duschesne et M. Giraud, Librairie du Compagnonnage, 1980
  27. Luca Pacioli Tractato de l'architectura 1509
  28. Vitruve De Architectura
  29. M-C. Hellmann L'Architecture Grecque T1 Les manuels d'Art et d'Archéologie Antiques 2002 (ISBN 270840606X)
  30. Luca Pacioli Tractato de l'architectura 1509 ch. I 5
  31. Il est certainement exact de dire que ni Palladio ni aucun autre architecte de la Renaissance n'a usé des proportions irrationnelles Rudolf Wittkower, Les principes de l'architecture à la Renaissance, éditions de la Passion, Traduction française de 1996 (ISBN 2-906229-30-X)
  32. Ce paragraphe s'inspire de l'article : Marcus Frings The Golden Section in Architectural Theory Nexus Network Journal Birkhäuser Basel Vol 4 N°1 2002 pp 9-32 Lire le pdf
  33. Ces informations proviennent du site The Golden Ratio par J. J. O'Connor and E. F. Robertson de l'Université de St Andrew
  34. L Curchin and R Herz-Fischler De lorsque date le premier rapprochement entre la suite de Fibonacci et la division en extrême et moyenne raison? Centaurus 28 (2) 1985 p 129-138
  35. Ce résultat est publié deux ans après sa mort dans un ouvrage intitulé Les œuvres mathématiques de Simon Stévin, augmentées par Albert Girad 1634
  36. A. Ross Extrême et moyenne raison Association mathématique du Quebec
  37. E. Montucla Histoire des Mathématiques 1758
  38. Cette information provient du site when de counting gets tough, the tough count on mathematics de W. A. McWorter Jr
  39. earliest known uses of some of the words of mathematics
  40. Édouard Lucas Sur la recherche des grands nombre premiers AFAS Congrès 1876 5 p 61-68
  41. Une analyse détaillée du travail d'Édouard Lucas est disponible sur Thèse de A. M. Decaillot-Laulagnet
  42. Site de l'Université de St Andrew par J. J. O'Connor et E. F. Robertson
  43. Voir par exemple l'introduction de : Adolf Zeising Neue Lehre von den Proportionen des menschlichen Körpers Weigel 1854
  44. Adolf Zeising Das Pentagramm Weigel, 1865
  45. Un exemple est donnée par la pyramide de Khéops. Cette idée provient à l'origine d'un ouvrage de John Taylor Why was it built and who built it? Longman, Green, Longman, and Roberts 1859. Elle se fonde sur une citation de Hérodote : «Le carré construit sur la hauteur verticale égalait précisément la surface de chacune des faces triangulaires». La citation est incorrecte, par contre, Hérodote parle bien de la pyramide de Khéops mais propose des dimensions assez fantaisistes, 238 mètres de large et tout autant de haut (cf édition de la pléade, Enquète II (123) ).
  46. Un autre exemple est celui de l'homme de Vitruve de Léonard de Vinci, le texte rédigé par le dessinateur en dessous décrit de manière particulièrement proche le module de Vitruve : «Dans son ouvrage sur l'architecture, l'architecte Vitruve déclare que les dimensions données à l'homme par la nature s'agencent de la façon suivante : quatre doigts font une paume et quatre paumes font un pied, six paumes font une coudée, quatre coudées font une hauteur d'homme. Et quatre coudées font une enjambée et vingt-quatre paumes font une hauteur d'homme ; il usa de ces mesures dans ses constructions. Si tu écartes les jambes jusqu'à diminuer ta taille d'un quatorzième et si tu ouvres les bras jusqu'à toucher le sommet de ta tête avec tes majeures sache que ton nombril sera le centre du cercle constitué par tes membres étendus et l'espace entre tes jambes formera un triangle équilatéral. La taille d'un homme est égale à l'espace compris entre ses deux bras étendus. De l'apparition des cheveux au bas du menton, il y a un dixième d'une hauteur d'homme ; du bas du menton au sommet de la tête, il y a un huitième de sa hauteur ; du haut de la poitrine au sommet de la tête, il y a un sixième. Du haut de la poitrine à l'apparition des cheveux, il y a un septième de hauteur d'homme. Des mamelons au sommet de la tête, il y a un quart. La plus large mesure d'une épaule à l'autre représente un quart de la taille de l'homme. Du coude à la pointe du majeur, il y a un cinquième ; et du coude à l'angle de l'épaule, il y a un huitième d'une hauteur d'homme. La main tout entière forme un dixième ; l'apparition de la verge est le milieu du corps. Le pied est la septième partie de l'homme. De la plante du pied au point juste en dessous du genou, il y a un quart d'une hauteur d'homme. De ce point à l'apparition de la verge, il y a un quart. La distance entre le début du menton et le nez et entre l'apparition des cheveux et les sourcils est la même et , comme l'oreille, représente un tiers de la face.»Lire
  47. Charles Henry l'introduction à une esthétique scientifique 1885
  48. Une large partie de ce paragraphe tire ses idées et les faits notoires de l'article Le nombre d'or : réalité ou interprétations douteuses de C. Jaquier et K. Drapel
  49. En règle générale, la spirale logarithmique d'une coquille de mollusque est bien loin de celle de la proportion d'or, pour un nautile la proportion se situe autour de 1, 3 : La coquille des mollusques
  50. Archéologie en chantier par M. Cariou et A. Jatteau
  51. C. M. César Matila Ghyka : La mesure mathématique dans l'art Filosofia oggi 1996 Vol 19 N° 1-2 pp 69-72
  52. Dominique Coquelle Les volumes d'or Trajectoire 2002 (ISBN 2841972178) , le livre débute par «Depuis le début de son histoire, la race humaine a traversé des périodes fabuleuses, dignes d'une légende ou d'un conte...»
  53. On trouve une présentation de cette nature sur le site Les templiers et le nombre d'or
  54. Pour R. Cedric Leonard l'existence d'une proportion proche de celle du nombre d'or dans ce temple sert à déduire que : «Ceci est clairement un édifice d'importance construit par une civilisation aux mathématiques particulièrement élaborées» The Bahama Island Underwater Ruins. Comme indiqué dans le sous-titre du site, cette hypothèse sur la signification de cet amas de pierres est , selon son auteur : «ignorée par le courant archéologique principal»
  55. F. P. Liharzik Das Quadrat Wien 1865
  56. Cette information provient du site Nombre d'or : réalité ou interprétations douteuses C. Jaquier K Drapel p 6
  57. Ce point de vue de Matila Ghyka est unanimement condamné par la communauté scientifique, voir à ce sujet : Marguerite Neveux, H. E. Huntley Le nombre d'or Le Seuil 1995 (ISBN 2020259168) ou encore le site Historique du nombre d'or par L. Morvillier J. Rey et G. Rigault
  58. On trouve par exemple : «s'il existe une race dont le nombril est trop bas pour la grande majorité des individus, cette race n'a pas encore atteint sa maturité» D. Neroman Le nombre d'Or, clé du monde vivant Dervy (ISBN 2844540899)
  59. Dans une étude sur le cerveau, le nombre d'or est prétexte à condamner une minorité : «au contact d'immigrés attirés par une vie plus facile [… qui] rêvent de nous soumettre à leur culture, sinon de diminuer et d'altérer la nôtre»L. Israël Cerveau droit, cerveau gauche, cultures et civilisations Plon 1995 (ISBN 2259028012) . Tout un chapitre cherche à démontrer un accord entre le cerveau et le nombre d'or.
  60. Makis Solomos Les Anastenaria de Xenakis. Continuité et discontinuité historique Université Montpellier 3, Institut Universitaire de France 2003
  61. Cette revue porte le nom de Fibonacci quarterly Publication officielle de l'association Fibonacci
  62. W. F. B. Hofmeister Handbuch der Physiologischen Botanik W. Engelmann, Leipzig 1868
  63. Julius Sachs Vorlesungen uber Pflanzenphysiologie 1882
  64. P. De Kepper Morphogenèse chimique : les réactions créatrices des rythmes et de formes 237e conférence de l'Université de l'ensemble des savoirs donnée le 24 août 2000
  65. S. Douady, Y. Couder Phyllotaxis as a Dynamical Self Organizing Process (Part I, II, III), J. Theor. Biol. 139, pp 178 312 1996
  66. S. Boissière Dynamique de la Phyllotaxie Laboratoire J. A. Dieudonné Université de Nice
  67. Robert Chalavoux Nombre d'or, nature et œuvre humaine Chalagam 2001 (ISBN 2950800173)
  68. Une explication simple est donnée dans le site Physique des spirales végétales : la Phyllotaxie. Une explication plus technique est donnée dans l'article détaillé. L'article ayant convaincu la communauté scientifique est : S. Douady Y Couder Phyllotaxis as a Dynamical Self Organizing Process (Part I, II, III) J. Theor. Biol. 139 pp 178-312 1996
  69. iFrance et le nombre d'or
  70. Nombre d'or dans La vie financière
  71. La coquille des mollusques
  72. Astrofiles galaxie
  73. Kitæv Levitov Al_0.86 Mn_0.14 : a six-dimensional crystal JETP Lett. 41 p 145 1985
  74. La majeure partie des informations sur l'anatomie du point de vue artistique est détaillé dans le site L'anatomie Imago Mundi par Serge Jodra
  75. Adolf Zeising Neue Lehre von den Proportionen des menschlichen Körpers Weigel 1854.
  76. Nombre d'or : réalité ou interprétations douteuses C. Jaquier K Drapel p 18
  77. Une description anatomique est disponible sur le site Cours d'anatomie de la faculté de Médecine de Rouen, on peut aussi consulter le livre K. L. Moore A. F. Dalley Anatomie médicale Groupe de Bœk 2007 (ISBN 274450114X)
  78. Cet argument provient du site Nombre d'or : réalité ou interprétations douteuses C. Jaquier K Drapel p 19
  79. Les références sont donnés dans l'article Stature
  80. S. J. Gould La mal-mesure de l'homme 1997 (ISBN 2738105084)
  81. L'esthétique et le nombre d'or
  82. Ce module est retrouvé par Karl Richard Lepsius en 1852, cf L'anatomie Imago Mundi par Serge Jodra
  83. L'idéal classique et la figure humaine p 2 par le musée Fabre 2006
  84. Par exemple «certains artistes n'ont eu de cesse de réutiliser et de creuser cette veine... on retrouve cette quête de perfection dans le partage et la proportion (celle d'Euclide) qui intéressait déjà les anciens» Lire À la recherche de l'harmonie M. Bourget IUFM de Montpellier
  85. Marguerite Neveux H. E. Huntley Le nombre d'or Le Seuil 1995 (ISBN 2020259168)
  86. Une analyse de même nature que celle proposée ici est disponible sur le site La Naissance de Vénus on trouve une analyse particulièrement proche sur le site d'iFrance
  87. Par exemple : La Naissance de Vénus - Le Printemps
  88. Leon Battista Alberti De pictura 1425
  89. Voir par exemple sa biographie Luca Pacioli par J. J. O'Connor E. F. Robertson dans le Site de l'Université de St Andrew
  90. Léonard de Vinci Carnets de Léonard de Vinci : Projet Gutenberg édition 1939
  91. Léonard de Vinci Traité de la peinture Version de 1490-1517
  92. par exemple : Daniel Arasse Léonard de Vinci Hazan 2002 (ISBN 2850258253)
  93. «... il (Vinci) s'intéresse semble-t-il davantage aux fondements scientifique et au contrôle rationnel (de la peinture) ...» Daniel Arasse Léonard de Vinci Hazan 2002 (ISBN 2850258253) p 266
  94. Léonard de Vinci Codex Atlanticus 119 v-a
  95. Une analyse de cette nature est accessible sur le site Proportions of the head and face par Léonard de Vinci
  96. texte de Léonard de Vinci tiré de Daniel Arasse Léonard de Vinci Hazan 2002 (ISBN 2850258253) p 303
  97. Daniel Arasse Léonard de Vinci Hazan 2002 (ISBN 2850258253) p. 349
  98. On trouve celui là par exemple sur le site Nombre d'or 2003 Léonard de Vinci
  99. P. C. Marani Léonard Actes Sud Traduction A. Guglielmetti 2003 (ISBN 2742744274)
  100. Cette assertion provient de son ardent défenseur, me site est «ignoré par le courant archéologique principal» The Bahama Island Underwater Ruins
  101. L. R. Cedric, Quest for Atlantis Manor Books Inc., New York, 1979
  102. par exemple le site : Le nombre d'or ou la divine proportion
  103. Ce dernier date de 1859 : John Taylor Why was it built and who built it? Longman, Green, Longman, and Roberts 1859
  104. Eric Temple Bell The Magic of Numbers Dover Publications 1992 (ISBN 0486267881)
  105. Stillwell, John. 2004. Mathematics and its History. Berlin and New York : Springer-Verlag. 542 pages. p. 86
  106. Une analyse détaillée par George Markowsky est disponible Misconceptions about the golden ratio
  107. On trouve une analyse de cette perplexité chez Marguerite Neveux H. E. Huntley Le nombre d'or Le Seuil 1995 ( (ISBN 2020259168) ou encore sur le site : Archéologie en chantier par M. Cariou et A. Jatteau
  108. Le terme est utilisé par P. Tannery : Mémoires scientifiques Paris-Toulouse : E. Privat 1912 I p 268. Platon et Aristote utilise le terme moins fort : θαυηάζειν qu'on pourrait traduire par frappé par le tonnerre : Platon Lois Livre VII 819 d6 ou encore Aristote Métaphysique A, 983 a 15
  109. «Quelques rares témoignages platoniciens et présocratiques montrent en tout cas que la prise de conscience de l'incommensurabilité, loin d'avoir été vécue sous le mode de la jubilation archimédienne, aurait bien plutôt fait l'objet d'un scandale, d'une trahison, plongeant momentanément la conscience grecque dans l'absurdité, ou alors l'obscurité.» La découverte des incommensurables et le vertige de l'infini par Jean-Luc Périllié
  110. Simone Jacquemard Trois mystiques grecs : Orphée, Pythagore, Empédocle Albin Michel 1997 (ISBN 2226089462)
  111. Jamblique De Vita Pythagorica § 88 p 246 247
  112. Ce traité est disponible sur Gallica sous trois traductions différentes :
  113. M-C. Hellmann L'Architecture Grecque T1 Les manuels d'Art et d'Archéologie Antiques 2002 (ISBN 270840606X)
  114. Cette technique est utilisée par Huntley : Nombre d'or : réalité ou interprétations douteuses C. Jaquier K Drapel p 9
  115. C'est la solution adoptée par Matila Ghyka :Le nombre d'or Gallimard, 1931, réédité en 1976 (ISBN 2070292983) .
  116. M. Trachtenberg I. Hyman Architecture, from Prehistory to Post-Modernism Prentice Hall (ISBN 0131833650) p 118. Pour le Parthénon, par exemple on trouve une largeur de 30.78 m pour une hauteur de 13.71 m, soit une proportion de 2, 25 : M. Trachtenberg and I. Hyman. Architecture, from Prehistory to Post-Modernism New York : Harry N. Abrams, 1986 (ISBN 0810910772)
  117. Matila Ghyka Le nombre d'or Gallimard, 1931, réédité en 1976 (ISBN 2070292983)
  118. Cette expression est tirée du titre de son premier livre sur le sujet : Le Corbusier Le Modulor : Essai sur une mesure harmonique à l'échelle humaine applicable universellement à l'architecture ainsi qu'à la mécanique Paris : Architecture d'Aujourd'hui, Réédition 1983 (ISBN 2904833013)
  119. Le Corbusier Le modulor : Essai sur une mesure harmonique à l'échelle humaine applicable universellement à l'architecture ainsi qu'à la mécanique Paris : Architecture d'Aujourd'hui, Réédition 1983 (ISBN 2904833013) p 34
  120. A Music Theory for 10-tet, in Tuning, Timbre, Spectrum, Scale by William A. Sethares
  121. Cette thèse a donné lieu à un ouvrage : Guy Marchand Bach ou la Passion selon Jean-Sébastien : de Luther au nombre d'or, L'Harmattan, ISBN 2747546519
  122. Roy Howat, Debussy in Proportion : a musical analysis Cambridge 1986 (ISBN 0521311454)
  123. M. Gillmor, Erik satie, 1988 ou Robert Orledge, Satie the composer
  124. Ernö Lendvai Bartók's Music and Golden Section
  125. Gérard Assayag et Jean-Pierre Cholleton, Musique, nombre et Ordinateurs
  126. Par exemple pour Satie : Courtney S. Adams dans Erik Satie and Golden Section Analysis, Music & Letters, Vol. 77, No. 2 (May, 1996), pp. 242-252 ou pour Bartok : J-B CondatReply to Ernö Lendvai : Bartók's Music and Golden Section Leonardo Vol. 21 N° 3 1988 p 340
  127. Voir à ce sujet le site : Musique, Nombre et Ordinateur par G. Assayag et J. P. Cholleton 1995
  128. Comme par exemple celle de Guy Marchand Forum de l'Université de Montréal
  129. Gustav Fechner Zür experimentalen Æsthetik S. Hirzel 1871
  130. Le biais provient d'un nombre trop faible de figures présentées, une dizaine. George Markowsky Misconceptions about the golden ratio trouve une «proportion universelle» plus proche de 1, 83.

Voir aussi

Liens externes

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