Concaténation
Le terme concaténation, du latin cum et catena, sert à désigner l'action de mettre bout à bout au moins deux chaînes.
Catégories :
Figure de style - Langage formel - Programmation informatique - Opération
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Définitions :
- Méthode, utilisée en programmation, qui consiste à mettre deux chaînes de caractères bout à bout.... (source : zonegeeks)
Le terme concaténation (substantif féminin), du latin cum («avec») et catena («chaîne, liaison»), sert à désigner l'action de mettre bout à bout au moins deux chaînes.
Langages formels
Formellement, dans le contexte théorique des langages formels : on se donne un ensemble fini Σ, et on nomme
la totalité des séquences d'éléments de Σ; la concaténation est alors la loi de composition interne sur
qui aux séquences
et
, où m et n sont des entiers naturels, associe la séquence
.
Cette opération est associative et a un élément neutre qui est la séquence vide, par conséquent elle dote
d'une structure algébrique de monoïde. Qui plus est , ce monoïde, mais aussi l'ensemble des monoïdes isomorphes à ce dernier est qualifié de libre, puisqu'un élément de
ne possède qu'une unique décomposition sous forme de produits d'éléments de Σ.
En généralisant, on introduira la terminologie suivante : Si on se donne un monoïde libre, on appellera concaténation (notée fréquemment par un point
, ou par rien) sa loi de composition interne, mot vide (noté ε) son élément neutre, mots ou chaînes de caractères ses éléments, alphabet (noté A ou Σ) son ensemble de générateurs libres, symboles, lettres ou caractères les éléments de l'alphabet. Dans cette terminologie, on appellera ce monoïde le langage des mots sur l'alphabet Σ (ou A... ), qu'on notera
(ou
).
Concaténation d'ensembles de mots
La concaténation est une opération sur les mots, mais peut être étendue aux langages (sous-ensembles du monoïde). Ainsi, si
alors leur concaténation
est la totalité
, c'est-à-dire la totalité des mots qui sont la concaténation d'un mot de L1 et d'un mot de L2.
Cette extension de la concaténation est l'une des trois opérations de base servant à construire des langages rationnels, c'est-à-dire un des trois opérateurs de base qu'on peut rencontrer dans une expression rationnelle. Les deux autres opérations sont l'union ensembliste et la fermeture de Kleene.
Programmation
En programmation, on nomme la concaténation de deux chaînes de caractères, la chaîne constituée de ces deux chaînes mises bout à bout.
Exemple :
-
- La concaténation de «Hello», «», «world !» est «Hello world !»
Le terme «concaténation» sert à désigner aussi l'opération de concaténer des chaînes, la concaténation est une figure fondée sur une énumération de termes ordonnés selon une intensité croissante ou décroissante, c'est une idée d'expansion.
Unix
En Unix il est envisageable de concaténer des :
En littérature
En littérature, la concaténation consiste à répéter plusieurs anadiploses en chaîne selon le schéma : __A / A___B / B___C / C__.
Elle sert à réaliser un raisonnement suivi et rigoureux, proche de l'épanadiplose.
Exemples
«Comme le champ semé en verdure foisonne,
De verdure se hausse en tuyau verdissant,
D'épi jaunit en grain, que le chaud assaisonne :»
Du tuyau se hérisse en épi florissant,
— Joachim du Bellay, Les Antiquités de Rome, 30
«Sachez, Monsieur, que tant va la cruche à l'eau, qu'enfin elle se brise ; et comme dit fort bien cet auteur que je ne connais pas, l'homme est en ce monde mais aussi l'oiseau sur la branche ; la branche est attachée à l'arbre ; qui à pour but de l'arbre, suit de bons préceptes ; les bons préceptes valent mieux que les belles paroles ; les belles paroles se trouvent à la cour ; à la cour sont les courtisans ; les courtisans suivent la mode ; la mode vient de la fantaisie ; la fantaisie est une faculté de l'âme ; l'âme est ce qui nous donne la vie; la vie finit par la mort ; la mort nous fait penser au Ciel ; le ciel est au-dessus de la terre; la terre n'est point la mer ; la mer est sujette aux orages ; les orages tourmentent les vaisseaux ; les vaisseaux ont besoin d'un bon pilote ; un bon pilote a de la prudence ; la prudence n'est point dans les jeunes gens ; les jeunes gens doivent obéissance aux vieux ; les vieux aiment les richesses ; les richesses font les riches; les riches ne sont pas pauvres ; les pauvres ont de l'obligation ; obligation n'a point de loi; qui n'a point de loi vit en bête brute ; et , donc, vous serez damné à l'ensemble des diables.»
— Molière, Dom Juan ou le Festin de pierre, tirade de Sganarelle à l'acte V, scène 2
Définition
Définition linguistique
Au sens strict, la concaténation en linguistique sert à désigner la mise en ordre des éléments discursifs (phonèmes ou mots en phrase). Le chaînage comme figure de style opère une transformation morpho-syntaxique de répétition comme une copie conforme : la concaténation consiste à mettre bout à bout des arguments ou idées en faisant en sorte que l'idée finale d'une proposition se retrouve au début de la suivante, suivant le mécanisme de l'anadiplose. La concaténation appartient à la classe des répétitions et se fonde fréquemment sur une gradation[1].
Définition stylistique
L'effet visé est fréquemment comique, surtout au théâtre. La rhétorique l'utilise pour former des raisonnements rigoureux. Elle peut être combinée à d'autres figures de style surtout la gradation, l'exagération ou l'hyperbole.
Genres concernés
La concaténation est une figure qu'on retrouve dans l'ensemble des genres littéraires, surtout ceux où l'argumentation prédomine comme les discours ou sermons. Le genre épistolaire aussi en emploie les ressources : «Dans le cœur des femmes, les plis deviennent promptement des blessures. Ces blessures saignent bientôt, le mal augmente, on souffre, la souffrance éveille des pensées, les pensées s'étalent [... ]» (Honoré de Balzac, Lettres)
Les genres fondés sur la description comme les récits (romans surtout) basent les progressions thématiques sur la concaténation surtout.
Les rébus et charades dites à tiroir fondent leurs spécificités sur des concaténations, visuelles ou écrites. Les chansons et les comptines sont aussi fondées sur des concaténations : «J'en ai marre / Marabout / Bout de ficelle / Sell'de ch'val / Ch'val de course / Course à pied / Pied à terre / Terr'de feu / Feu follet / Lait de vache / Vach'de ferme / Ferm'ta gueule!»
Concaténation de mots
La concaténation de mots est une pratique discursive d'un certain nombre d'auteurs (Martin Heidegger) qui consiste à fabriquer une sorte de néologisme en comprenant trois ou quatre mots et en les séparant par des tirets.
- Exemples : être-au-monde, être-auprès-des-choses, être-là, être-dans-le-temps, être-vers-la-mort.
Historique de la notion
Au départ, c'est un procédé mnémotechnique qui consiste à enchaîner des constructions phrastiques ou des vers par la répétition d'un ou de plusieurs mots, particulièrement utilisé par les trouvères médiévaux. On la retrouve ensuite dans la rhétorique et l'argumentation, à la base des raisonnements développés comme les syllogismes (voir l'exemple de Molière).
Certains auteurs classent la concaténation dans les métataxes[2].
Figures proches
- Figure "mère" : anadiplose
- Figures "filles" : aucunes
- Paronymes : épanadiplose
- Synonymes : chaînage, enchaînement
Notes et références
- ↑ http ://www. intellego. fr/soutien-scolaire-Universite/aide-scolaire-Francais/Les-metataxes-zeugme-crase-etc. /6788
- ↑ Georges Molinié, Dictionnaire de rhétorique, Livre de Poche, coll. «Les Usuels de Poche», 1992, p. 87.
Voir aussi
Bibliographie
Bibliographie des figures de style
- Quintilien (trad. Jean Cousin), De L'institution oratoire, t. I, Les Belles Lettres, coll. «Bude Serie Latine», Paris, 1989, 392 p. (ISBN 2-2510-1202-8)
- Antoine Fouquelin, La Rhétorique Françoise, A. Wechel, Paris, 1557
- César Chesneau Dumarsais, Des tropes ou Des diferens sens dans lesquels on peut prendre un mème mot dans une mème langue, Impr. de Delalain, 1816, 362 p.
Nouvelle édition augmentée de la Construction oratoire, par l'abbé Batteux. Disponible en ligne
- Pierre Fontanier, Les figures du discours, Flammarion, Paris, 1977 (ISBN 2-0808-1015-4)
- Patrick Bacry, Les figures de style : et autres procédés stylistiques, Belin, coll. «Collection Sujets», Paris, 1992, 335 p. (ISBN 2-7011-1393-8)
- Bernard Dupriez, Gradus, les procédés littéraires, 10/18, coll. «Domaine français», Paris, 2003, 540 p. (ISBN 2-2640-3709-1)
- Catherine Fromilhague, Les figures de style, Armand Colin, coll. «128 Lettres», Paris, 2007 (ISBN 978-2-2003-5236-3)
- Georges Molinié et Michèle Aquien, Dictionnaire de rhétorique et de poétique, LGF - Livre de Poche, coll. «Encyclopédies d'aujourd'hui», Paris, 1996, 350 p. (ISBN 2-2531-3017-6)
- Henri Morier, Dictionnaire de poétique et de rhétorique, Presses Universitaires de France, coll. «Grands Dictionnaires», Paris, 1998 (ISBN 2-1304-9310-6)
- Michel Pougeoise, Dictionnaire de rhétorique, Armand Colin, Paris, 2001, 16 × 24 cm, 228 p. (ISBN 978-2-2002-5239-7)
- Olivier Reboul, Introduction à la rhétorique, Presses Universitaires de France, coll. «Premier cycle», Paris, 1991, 15 cm × 22 cm, 256 p. (ISBN 2-1304-3917-9)
- Van Gorp, Dirk Delabastita, Georges Legros, Rainier Grutman et al., Dictionnaire des termes littéraires, Honoré Champion, Hendrik, 2005, 533 p. (ISBN 978-2-7453-1325-6)
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